Une victoire historique pour la gauche radicale à Saint-Denis
C'est un véritable séisme politique qui a secoué la Seine-Saint-Denis ce dimanche. Bally Bagayoko, candidat de La France Insoumise (LFI) en alliance avec le Parti communiste français (PCF), a remporté une victoire sans appel dès le premier tour des élections municipales de 2026 dans la deuxième plus grande ville d'Île-de-France. Avec environ 50,8% des voix selon son entourage, il a ravi au Parti socialiste la mairie de Saint-Denis, mettant ainsi fin au mandat de Mathieu Hanotin.
La fin d'une ère socialiste dans une ville historiquement communiste
Dans la salle des mariages de l'Hôtel de ville, l'ambiance était à l'euphorie parmi les partisans de Bally Bagayoko. Le candidat réalise ainsi l'objectif qu'il affichait ouvertement ces dernières semaines : reconquérir pour la gauche radicale cette ville d'environ 150.000 habitants qui fut pendant 75 ans un bastion communiste avant de basculer vers le PS en 2020. « Le 15 mars, nous pouvons gagner, et nous allons gagner ! », avait-il prophétisé lors d'un meeting avec Jean-Luc Mélenchon, à l'issue d'une campagne particulièrement tendue.
Pour Mathieu Hanotin, le maire socialiste sortant également président de l'établissement public territorial Plaine Commune, c'est un coup dur. Il n'a réuni que près de 33% des voix, devançant tout juste Elsa Marcel, la candidate de Révolution permanente (extrême gauche), qui a obtenu environ 7,1%. Ces dernières années, Mathieu Hanotin était devenu la bête noire de la gauche radicale du département après avoir mis fin à près d'un siècle de règne communiste dans la ville.
Une campagne marquée par une violence inhabituelle
La bataille pour Saint-Denis a été d'une rare intensité, les entourages des deux principaux candidats multipliant les polémiques et accusations réciproques. Dimanche après-midi encore, jour du scrutin, la liste LFI-PCF a accusé Mathieu Hanotin d'utiliser « les moyens de la mairie » pour « perturber la sincérité du vote », ce que l'entourage du maire a catégoriquement nié.
De son côté, le camp Hanotin a blâmé l'adversaire d'actions illégales, allant de l'« arrachage systématique » d'affiches sur les panneaux officiels à des « menaces de mort ». Ces dernières semaines, Mathieu Hanotin et son entourage s'étaient aussi publiquement inquiétés de voir, selon eux, des trafiquants de drogue faire campagne pour Bally Bagayoko, ce qui a conduit ce dernier à porter plainte pour diffamation.
Cette victoire de Bally Bagayoko marque un tournant significatif dans le paysage politique francilien et illustre les recompositions en cours au sein de la gauche française à l'approche des échéances nationales.



