Cold-case en Dordogne : trois hommes en garde à vue 32 ans après
Cold-case Dordogne : trois hommes en garde à vue 32 ans après

Trois hommes ont été placés en garde à vue ce mardi 2 juin 2026 dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Didier Seignole, un biologiste de 29 ans qui s'est volatilisé en 1994 dans le Périgord. Selon les informations révélées par le journal Sud Ouest, ces suspects sont soupçonnés d'avoir élaboré un scénario criminel. L'affaire, longtemps restée sans réponse, connaît un rebondissement majeur grâce au travail du pôle judiciaire des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) de Nanterre, également connu sous le nom de pôle « cold cases », qui a repris le dossier en 2023 à la demande des proches.

Des suspects identifiés et des témoins entendus

Les interrogatoires sont menés par la Diane (Division des affaires non élucidées), l'unité « cold cases » de la gendarmerie, en collaboration avec la Brigade de Périgueux. Après leur placement en garde à vue, la juge en charge de l'affaire devra décider si elle ordonne ou non la présentation des suspects devant elle en vue d'une éventuelle mise en examen. Plusieurs témoins ont également été entendus, et d'autres auditions pourraient suivre dans les prochains jours.

L'hypothèse criminelle confortée par trois ans d'enquête

Le travail des enquêteurs depuis trois ans a permis de consolider l'hypothèse criminelle. Didier Seignole a été vu pour la dernière fois le 27 janvier 1994, alors qu'il rentrait chez ses parents après un entraînement de football à La Douze, en Dordogne. Les gendarmes privilégient le scénario d'un guet-apens criminel qui aurait mal tourné, peut-être une tentative d'intimidation ou une explication musclée. Le mobile serait un banal conflit de voisinage lié à une affaire de terrain entre des villageois et les parents de Didier. Les auteurs présumés se seraient ensuite débarrassés du corps avant d'abandonner le véhicule du disparu sur le parking de la gare des Versannes.

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Un principal suspect décédé en 2014

Les soupçons se portent en priorité sur Jean-Pierre Dubos, surnommé « Cacali », un ancien légionnaire au passé violent, déjà condamné pour un guet-apens en 1989. Il est décédé en 2014. Juste après la disparition, il était devenu employé municipal et s'était associé en affaires avec un autre suspect. L'enquête a connu une nette accélération grâce à de nombreux témoignages récemment recueillis par les gendarmes. Les autorités espèrent que ces récents rebondissements judiciaires inciteront d'autres personnes à sortir du silence.

Un appel à témoins pour libérer la parole

Pour donner un coup de projecteur sur le dossier, Marie-Céline Lawrysz, procureure adjointe du pôle « cold cases » de Nanterre, est intervenue sur RTL le samedi 30 mai. Elle a profité d'une édition de l'émission L'Heure du crime entièrement dédiée à cette affaire pour lancer un appel à témoins. Les enquêteurs affichent désormais une certitude : les hypothèses d'accident ou de départ volontaire sont définitivement écartées. Elles sont jugées impossibles et incompatibles avec le profil particulièrement sans histoire du jeune biologiste.

Les circonstances de la disparition

Le soir de sa disparition, Didier Seignole, qui vivait en couple à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), se trouvait dans la région pour passer le concours de technicien de police scientifique à Bordeaux. Après avoir séjourné à l'hôtel les 25 et 26 janvier, il s'était rendu le lendemain chez ses parents, aux Versannes. Vers 19 heures, après un dîner partagé, il avait quitté le domicile familial pour se rendre à son entraînement de football à Lacropte, à 5 kilomètres, assurant à ses proches qu'il reviendrait passer la nuit chez eux. Aux alentours de 21 heures, après avoir salué ses coéquipiers, il a repris la route vers chez ses parents, d'abord suivi par deux camarades de club. L'un d'eux a rapporté l'avoir revu un peu plus loin, debout à côté de sa voiture garée, phares allumés, près d'une ferme abandonnée en bord de route, le lieu probable du guet-apens. À cette même heure, des voisins ont dit avoir entendu des bruits de portières et de possibles coups de feu.

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Face à son absence, ses parents ont signalé sa disparition dès le lendemain. En fin d'après-midi du 28 janvier, sa Seat a été découverte sur le parking de la gare des Versannes. Deux anomalies ont immédiatement sauté aux yeux : le frein à main était tiré alors que Didier avait l'habitude de laisser une vitesse enclenchée, et le siège conducteur était réglé dans une position inadaptée à sa grande taille. Par la suite, le volant a été démonté pour analyse après la découverte de traces de sang appartenant au jeune homme.

Les proches de Didier Seignole espèrent que cette nouvelle avancée permettra enfin de faire la lumière sur sa disparition et de rendre justice à ce jeune homme dont la vie a été brutalement interrompue il y a 32 ans.