Balendra Shah, du rap à la mairie de Katmandou, vise désormais le poste de Premier ministre
Il s’appelait « Balen » avant de devenir maire. Bientôt, il pourrait s’appeler Premier ministre. À seulement 35 ans, Balendra Shah, rappeur, ingénieur civil et premier magistrat de Katmandou, vient de remporter les législatives népalaises avec une avance stratosphérique. Il a obtenu 68 000 voix contre 18 000 à son rival, le marxiste KP Sharma Oli, âgé de 74 ans, renversé par l’insurrection qui a secoué le pays en septembre dernier.
Un parcours atypique et fulgurant
Le rapport d’un à quatre ressemble moins à une élection qu’à un véritable passage de témoin. Le parcours de « Balen » a de quoi faire pâlir n’importe quel conseiller en communication. Né en 1990 à Katmandou, il a grandi pendant la guerre civile qui a ensanglanté le Népal pendant dix longues années. Après des études d’ingénieur, il s’est lancé dans le rap underground, où ses morceaux dénonçant la corruption des élites et les inégalités sociales ont cumulé des millions de vues en ligne.
De la mairie aux législatives : une ascension politique rapide
En 2022, il crée la surprise en devenant le premier candidat indépendant à décrocher la mairie de la capitale népalaise. Depuis septembre, il surfe sur l’insurrection de la génération Z qui a secoué la république himalayenne et précipité la chute de KP Sharma Oli. En tant que maire, il s’est attaqué à des dossiers concrets tels que le ramassage des ordures, la circulation, les impôts et l’éducation.
En janvier, il claque la porte de la mairie pour se lancer dans les législatives. Plutôt que de jouer la sécurité dans un fief acquis, il choisit d’aller défier directement Oli dans sa circonscription rurale. « Se présenter face à un poids lourd signifie que je ne choisis pas la facilité », assume-t-il, son topi, le calot traditionnel népalais, vissé sur la tête.
Un programme centré sur la justice sociale et l’économie
Son parti, le Rastriya Swatantra Party, de tendance centriste, fait la course en tête dans la plupart des circonscriptions du pays. La route vers le poste de Premier ministre semble désormais dégagée. Au programme, il propose une éducation et des soins gratuits pour les plus démunis, ainsi qu’un libéralisme économique teinté de justice sociale.
Et la musique, qu’il promet de ne pas abandonner. « C’est un moyen d’expression, je continuerai », assure-t-il. Le Népal a peut-être trouvé son Volodymyr Zelensky, version himalayenne, un leader jeune et charismatique issu de la société civile.



