Gabriel Attal, l'actuel Premier ministre, organise méthodiquement son plébiscite au sein de Renaissance pour devenir le candidat du parti à l'élection présidentielle de 2027. Selon des informations recueillies par Libération, des consultations internes sont en cours pour mesurer le soutien des militants et des cadres du parti. Cette démarche vise à éviter une primaire ouverte et à verrouiller sa nomination.
Une consultation interne controversée
L'initiative d'Attal suscite déjà des remous au sein de la majorité. Plusieurs figures de Renaissance, notamment des proches d'Édouard Philippe et de Gérald Darmanin, dénoncent un processus précipité qui écarterait toute concurrence. « Nous ne sommes pas en république bananière », a déclaré un député sous couvert d'anonymat. Les critiques portent sur le manque de transparence et le court-circuitage des instances du parti.
Les étapes du plébiscite
- Une série de réunions avec les fédérations départementales est prévue dès juin 2025.
- Un vote des adhérents pourrait être organisé en septembre, sans candidat alternatif.
- L'objectif affiché est de valider la candidature d'Attal avant la fin de l'année.
L'entourage du Premier ministre justifie cette méthode par la nécessité de « faire émerger une candidature forte et unifiée » face à une opposition qui se structure. « Nous devons être prêts dès 2026 pour les législatives », a confié un conseiller.
Les réactions des concurrents potentiels
Édouard Philippe, président d'Horizons, a ironisé sur ce « plébiscite à la Bonaparte », tandis que Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, reste silencieux mais fait savoir qu'il ne renonce pas à ses ambitions. Du côté de l'aile gauche de la majorité, des voix s'élèvent pour demander une primaire ouverte. « On ne peut pas imposer un candidat sans débat démocratique », a tweeté un député.
Un pari risqué pour Attal
Cette stratégie comporte des risques. Si le plébiscite est perçu comme un coup de force, il pourrait fragiliser Attal et ouvrir la voie à une candidature dissidente. Les sondages actuels le placent en tête des intentions de vote à droite, mais avec une marge étroite face à Marine Le Pen.
Renaissance, parti en perte de vitesse depuis la dissolution de 2024, mise sur Attal pour incarner un renouveau. Reste à savoir si les militants suivront sans broncher. L'issue de cette consultation sera scrutée de près par tous les observateurs politiques.



