Certains retraités vont-ils toucher de l'argent dont ils ont été injustement privés ? Le régime de retraites complémentaires Agirc-Arrco doit réexaminer 100.000 dossiers présentant un risque d'erreurs. Parmi eux, des retraités dont la pension complémentaire a été suspendue à tort pourraient recevoir les sommes dues.
Une découverte après un croisement de données
En décembre, l'Agirc-Arrco a croisé pour la première fois ses bases de données avec celles de la Direction générale des finances publiques. Cette opération a révélé que 100.000 dossiers présentaient des « incohérences » et devaient être « réexaminés », selon une source au conseil d'administration citée par l'AFP.
Des cas frappants
Parmi ces dossiers, environ 10.000 concernaient des personnes de plus de 110 ans, probablement décédées. D'autres ont vu leurs pensions de droit direct ou de réversion suspendues à tort, sans avoir formulé de réclamation. Deux catégories de retraités sont particulièrement concernées : les veufs ou veuves qui n'ont pas répondu aux courriers demandant de certifier qu'ils ne se sont pas remariés, et les retraités résidant à l'étranger qui n'ont pas fourni la preuve de vie annuelle requise.
Un préjudice estimé à plusieurs centaines de millions
Selon une étude interne présentée en décembre, près de 12.000 personnes étaient identifiées comme « lésées », pour un montant total d'environ 69 millions d'euros à reverser. En outre, 86.000 autres retraités présentaient une probabilité « forte » d'être victimes d'erreurs, pour un montant estimé à 778 millions d'euros. Toutefois, ce document est désormais « obsolète », précise la source interne, car les 10.000 à 12.000 dossiers les plus douteux sont déjà traités. Pour le reste, un tiers à 40 % des dossiers ont été réglés. Il s'agit de personnes qui n'avaient jamais réclamé, et l'Agirc-Arrco a entrepris elle-même les vérifications nécessaires, en réexaminant les dossiers un par un.



