Les liens diplomatiques entre la France et le Maroc connaissent une embellie notable depuis la reconnaissance par Paris, à l'été 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision, qui a provoqué la colère d'Alger, a ouvert la voie à un rapprochement spectaculaire. La visite officielle du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat, accompagné de douze ministres dont ceux des Affaires étrangères et de l'Intérieur, illustre cette dynamique. Une visite du roi Mohammed VI à Paris, ainsi que la signature d'un « traité d'amitié hors normes », sont également évoquées, sans calendrier précis pour l'instant.
Un partenariat renforcé malgré les révélations Pegasus
Emmanuel Macron avait été reçu en grande pompe à Rabat en octobre 2024, mettant fin à trois années de tensions marquées par des soupçons d'espionnage et une crise des visas. Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un « partenariat renforcé d'exception ». Jeudi, un consortium de médias internationaux, dont Le Monde, la cellule d'investigation de Radio France et Forbidden Stories, a publié de nouvelles enquêtes sur l'ampleur présumée de l'espionnage mené par le Maroc via le logiciel Pegasus, ainsi que sur l'étude par la France de son acquisition. En 2021, le Maroc avait été accusé d'avoir utilisé ce logiciel espion israélien pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités, dont le président français et Sébastien Lecornu, alors simple ministre. Rabat a toujours catégoriquement démenti ces « allégations mensongères et infondées ».
Les deux chefs de gouvernement devaient initialement tenir une conférence de presse à l'issue de leur rencontre, mais celle-ci a finalement été réduite à de simples déclarations aux journalistes, sans possibilité de questions.
Consolider des « relations privilégiées »
Dans un message adressé au président français à l'occasion du 14-Juillet, relayé par l'agence officielle marocaine MAP, le roi du Maroc a salué la « consolidation » des « relations privilégiées » entre les deux pays. Accueilli avec les honneurs militaires à l'aéroport mercredi soir, Sébastien Lecornu a ouvert une 15e « rencontre de haut niveau » entre les deux délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019. Il a qualifié ce moment de « charnière » et a exprimé le souhait de « changer d'échelle » dans la relation bilatérale, notamment sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
Le Premier ministre français a souligné les « intérêts convergents » des deux pays sur le continent africain, où ils font face à la menace djihadiste au Sahel, et a proposé d'être un « port d'amarrage » pour la relation du Maroc avec l'Union européenne. Son homologue marocain, Aziz Akhannouch, a pour sa part souhaité « accélérer la mise en œuvre des engagements souscrits » dans le partenariat de 2024 et « préparer les prochaines étapes ».



