États-Unis : nouvelles sanctions contre deux magistrats de la CPI
États-Unis : sanctions contre deux magistrats de la CPI

Les États-Unis ont annoncé, le 19 août 2026, l’imposition de sanctions financières et de restrictions de visa à l’encontre de deux magistrats de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une politique de pression continue exercée par l’administration américaine contre la juridiction basée à La Haye.

Des sanctions ciblées contre des juges de la CPI

Selon un communiqué du département d’État américain, les deux magistrats visés sont le juge français Antoine K.-M. et la juge britannique Joanna K.-N. Ces sanctions comprennent le gel de leurs avoirs éventuels aux États-Unis ainsi que l’interdiction d’entrée sur le territoire américain. Le département d’État justifie cette mesure par ce qu’il qualifie de « tentatives illégitimes de la CPI d’exercer une juridiction sur des ressortissants américains ou de pays alliés ».

Cette action intervient alors que la CPI mène des enquêtes préliminaires sur des accusations de crimes de guerre impliquant des soldats américains en Afghanistan, ainsi que sur des situations liées à des alliés des États-Unis, comme Israël. Les juges sanctionnés sont ceux qui supervisent ces dossiers sensibles.

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Une stratégie de sape systématique de la cour

Les sanctions annoncées ce mercredi ne sont pas un cas isolé. Elles s’inscrivent dans une série d’actions hostiles de l’administration américaine à l’encontre de la CPI. En 2020, l’administration Trump avait déjà imposé des sanctions contre l’ancienne procureure Fatou Bensouda et un de ses collaborateurs, avant que l’administration Biden ne les lève en 2021. Cependant, depuis 2025, le retour au pouvoir d’une administration républicaine a relancé cette politique de confrontation.

« Ces sanctions sont une attaque frontale contre l’indépendance de la justice pénale internationale », a déclaré un porte-parole de la CPI, cité dans le communiqué de l’institution. « Elles visent à intimider les magistrats et à entraver le travail de la cour. » Selon des sources diplomatiques, au moins 124 États parties à la CPI ont exprimé leur soutien à la cour face à ces pressions, lors d’une réunion d’urgence à New York le 10 août dernier.

Des conséquences immédiates sur les enquêtes en cours

Les sanctions américaines pourraient avoir un impact direct sur les enquêtes en cours, notamment celle concernant les crimes de guerre présumés en Afghanistan. Les juges concernés, selon leur statut, ne peuvent plus se rendre aux États-Unis ou y transiter, ce qui complique leur participation à des conférences ou à des réunions avec des partenaires américains. De plus, le gel de leurs avoirs potentiels aux États-Unis, bien que symbolique, envoie un signal fort.

La CPI, de son côté, a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses travaux. « Nous ne céderons pas à la pression. La cour continuera à remplir son mandat, en toute indépendance et impartialité », a ajouté le porte-parole. Les organisations de défense des droits de l’homme, comme Human Rights Watch, ont condamné ces sanctions, les qualifiant de « tentative de saper l’État de droit international ». Selon un rapport de l’ONG, depuis 2020, les États-Unis ont imposé des sanctions contre au moins cinq responsables de la CPI, ce qui a considérablement entravé le recrutement de personnel et la coopération internationale.

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