L'ambassade américaine à Jérusalem ordonne le départ de son personnel non essentiel d'Israël
Dans un contexte de tensions régionales croissantes, l'ambassade des États-Unis à Jérusalem a publié un avis aux voyageurs, appelant les employés gouvernementaux non essentiels à quitter Israël « tant que des vols commerciaux sont disponibles ». Cette recommandation, émise vendredi 27 février, intervient alors que Washington menace de frappes en Iran, suscitant des inquiétudes quant à un embrasement militaire au Moyen-Orient.
Des menaces qui pèsent sur la sécurité
L'ambassade a justifié cette mesure par « des risques pour la sécurité » de son personnel. Cette annonce fait suite à une troisième session de pourparlers à Genève, sous médiation omanaise, entre l'Iran et les États-Unis, perçue comme une ultime chance d'éviter un conflit. Ces discussions surviennent après le plus important déploiement militaire américain dans la région depuis des décennies, incluant l'envoi du porte-avions Gerald Ford, le plus grand au monde, au large des côtes israéliennes.
Selon le New York Times, l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a envoyé un courriel au personnel indiquant que ceux souhaitant partir « devaient le faire AUJOURD'HUI ». Le vice-président américain JD Vance a tenté de rassurer la communauté internationale en affirmant qu'il n'y avait « aucune chance » qu'une attaque contre l'Iran dégénère en guerre prolongée.
Des craintes d'escalade régionale
Malgré ces déclarations, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, s'est dit « extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale ». La Chine a également conseillé à ses ressortissants en Iran d'évacuer « dès que possible », reflétant l'ampleur des appréhensions internationales.
Vendredi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé les États-Unis à éviter « toute exigence excessive » dans les négociations, tempérant l'optimisme affiché la veille. Les discussions portent notamment sur l'interdiction totale d'enrichissement d'uranium par l'Iran, une « ligne rouge » pour Téhéran, qui défend son droit au nucléaire civil. Washington insiste aussi pour inclure les missiles balistiques iraniens, perçus comme une menace existentielle par Israël, un point de blocage majeur selon le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
Un contexte diplomatique tendu
Le président Trump avait accusé l'Iran de développer des missiles capables de menacer l'Europe et les bases américaines, des allégations qualifiées de « gros mensonges » par Téhéran. Malgré cela, Oman a fait état de « progrès significatifs » lors des pourparlers de jeudi, et Abbas Araghchi a évoqué une prochaine session « très bientôt, peut-être dans moins d'une semaine ».
Des discussions techniques sont prévues lundi à Vienne avec l'aide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), bien que les États-Unis n'aient pas confirmé ces rencontres. Donald Trump avait lancé un ultimatum de « 10 à 15 jours » pour décider d'un accord ou du recours à la force, visant à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire.
Ces tensions réapparaissent après la répression de manifestations en Iran en janvier et de nouveaux rassemblements dans les universités, rappelant la fragilité de la situation régionale et les défis persistants de la diplomatie internationale.



