Sanae Takaichi reconduite à la tête du Japon après un scrutin historique
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a été officiellement reconduite dans ses fonctions par le Parlement ce mercredi 18 février, suite à la victoire écrasante de son parti aux élections législatives du 8 février. Cette reconduction intervient après que la formation qu'elle préside, le puissant Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice), a remporté à lui seul une majorité des deux tiers à la Chambre basse du Parlement.
Un mandat renforcé pour des réformes ambitieuses
Sanae Takaichi, 64 ans, qui était devenue en octobre la première femme du pays à occuper ce poste, voit ainsi son mandat considérablement consolidé. Ce score, présenté comme le meilleur de l'histoire du PLD, lui offre une assise solide pour mettre en œuvre son programme au cours des quatre prochaines années dans l'archipel de 123 millions d'habitants.
Lors d'une conférence de presse mercredi, la dirigeante a estimé que sa victoire électorale démontrait que le public japonais souhaitait « d'importantes réformes politiques ». Elle a précisé ses priorités : « une politique budgétaire responsable », le renforcement de « la politique de sécurité » et le développement des « capacités du gouvernement en matière de renseignements ».
Un programme axé sur la défense et l'économie
Parmi les engagements phares de Sanae Takaichi :
- Renforcer significativement les dépenses militaires du Japon
- Durcir les réglementations concernant les étrangers
- Doper les mesures de soutien à l'économie dans un contexte conjoncturel difficile
- Exempter de taxe sur la consommation les produits alimentaires pendant deux ans
La Première ministre a également annoncé son intention de déposer un projet de loi pour créer une Agence nationale du Renseignement, et devrait reconduire l'ensemble des membres de son gouvernement selon les médias japonais.
Dans l'héritage de Shinzo Abe
Cette large victoire inscrit Sanae Takaichi dans le sillage de son mentor Shinzo Abe, Premier ministre en 2006-2007 puis 2012-2020, qui avait profondément marqué le pays par ses positions nationalistes et son programme économique incluant d'importantes relances budgétaires.
Dans son discours de politique générale prévu vendredi au Parlement, la Première ministre s'engagera à moderniser le concept diplomatique d'« Indo-Pacifique libre et ouvert », déjà défendu par Shinzo Abe. Cette approche impliquerait pour Tokyo :
- Le renforcement de ses chaînes d'approvisionnement, notamment pour les terres rares
- La promotion du libre-échange grâce à l'accord transpacifique (CPTPP)
Tensions régionales et défis budgétaires
Le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, a insisté sur la dégradation de « la situation internationale et l'environnement sécuritaire autour du Japon ». Sanae Takaichi s'est ainsi engagée à renforcer la défense du Japon pour protéger son territoire et ses eaux territoriales, une position qui risque d'aggraver les tensions récentes avec Pékin.
Face aux inquiétudes des marchés financiers, la dirigeante promet une politique budgétaire « responsable et proactive » et pourrait fixer un objectif chiffré de réduction de la dette publique. Elle maintient cependant son projet d'éliminer la taxe sur l'alimentaire, malgré les réserves exprimées par le Fonds monétaire international (FMI).
Autres priorités législatives
La coalition gouvernementale souhaite également :
- Faire adopter une loi interdisant la destruction de drapeaux japonais
- Accélérer le débat sur la réforme constitutionnelle
- Réviser les règles de succession impériale
Sur ce dernier point, Sanae Takaichi et de nombreux membres du PLD s'opposent à ce qu'une femme puisse devenir impératrice, mais pourraient rendre possible l'« adoption » de descendants mâles de lignée impériale.
Dans l'immédiat, la priorité de la Première ministre sera d'obtenir l'approbation du budget pour l'exercice fiscal débutant le 1er avril, tout en préparant le terrain pour les importantes réformes qu'elle entend mener durant son nouveau mandat.



