Ce jeudi 25 juin 2026, Antibes accueille le sommet franco-italien réunissant Emmanuel Macron et Giorgia Meloni. Pour l'occasion, un dispositif de sécurité exceptionnel est déployé, avec des remparts bouclés, des terrasses interdites et un marché écourté. Face à ces contraintes, les professionnels antibois oscillent entre résignation, philosophie et système D.
Un sentiment général de patience et de compréhension
Harris, gérant du bistrot le Bacchus sur le cours Massena, se montre philosophe : « On ne craint pas d’avoir un jeudi noir. De toute façon, ce n’est pas Macron qui fait que les gens viennent moins actuellement le midi, c’est la chaleur ! » Contrairement aux commentaires sur les réseaux sociaux, où l’on anticipe une journée compliquée sur les routes, la tendance sur le terrain est plutôt à la patience.
Marie-Laure Arnal, propriétaire du restaurant Les Vieux Murs, est pourtant impactée par la fermeture totale des remparts de 12h à 17h. « Je suis contente que le Président vienne à Antibes. Il faut se rendre compte que c’est une bonne chose pour la ville et surtout une très grosse organisation, » s’enthousiasme-t-elle. « On va tout simplement fermer le midi, ce sera plus simple. J’ai une réservation que l’on va annuler. On peut comprendre que, pour la sécurité, il faille prendre ce genre de mesures. C’est notre président, ce n’est pas rien… »
Une vitrine publicitaire inédite pour la ville
Un commerçant du cours Massena ayant requis l’anonymat partage cet avis : « Pour une journée, on ne va pas se plaindre. Cela va faire parler d’Antibes, c’est une bonne publicité pour la ville. On va perdre un peu aujourd’hui, mais c’est pour gagner après. » Il ajoute que « par rapport à ce qu’a vécu Nice, avec la réception du Premier ministre de l’Inde ou encore du G7, la contrainte est minime. J’ai des amis commerçants là-bas, c’était l’enfer. »
Du côté du restaurant Angelo’s, situé rue de la Tourraque, le patron italien rigole : « Cela arrive une fois tous les dix ans, ça ne va pas changer grand-chose. Puis, on va être bouclés juste quelques heures, ce n’est pas comme si cela durait deux jours. C’est une bonne chose pour la ville, surtout pour recevoir Meloni. » Il s’interroge avec malice sur les raisons qui ont poussé le chef de l’État à jeter son dévolu sur la cité antiboise.
Des interrogations sur l'organisation
Christian Morisset, chef du restaurant Le Figuier de Saint-Esprit, exprime quelques réserves malgré un état d’esprit constructif : « J’ai beaucoup de questions et peu de réponses. On a reçu un courrier une semaine en amont pour nous prévenir, mais personne n’est venu nous voir directement pour nous avertir, » regrette-t-il, alors que son établissement affiche déjà un grand nombre de réservations le midi. « Il faut que je voie si les clients peuvent passer par l’entrée de derrière. J’aurais aimé être plus informé. Mais si on nous prive juste de la terrasse sur les remparts, ça aurait pu être pire. »
Au Marché Provençal, Tony, qui vend des produits corses, balaie les doutes : « C’est le président, c’est normal. »
Des contraintes plus lourdes pour les commerçants non sédentaires
L’obligation de plier bagage et de libérer l’espace public dès 12h30 passe difficilement auprès de certains abonnés du Marché Provençal. « C’est évident que ça dérange, » peste Christel Chaouch devant son étal de légumes. « L’équation est simple : on fera moins de ventes puisque l’on doit tout ranger à 11h30. Je ne pense pas venir. »
Jonathan Preda, derrière le stand de L’Art des Saveurs, a lui aussi tranché : « Cela ne vaut pas le coup de venir. »
Un changement de dernière minute est intervenu ce mardi 23 juin dans les consignes de sécurité : ce n’est pas le bastion Saint-Jaume qui sera fermé, mais le bastion Saint-André.



