Reza Pahlavi s'impose comme alternative crédible au régime iranien après son retour triomphal à Munich
Reza Pahlavi, alternative crédible au régime iranien après Munich

Le retour triomphal du prince héritier iranien à Munich

Sa revanche est éclatante. Après avoir été déprogrammé l'an dernier de la Conférence sur la sécurité de Munich sous pression de la République islamique d'Iran, le prince héritier Reza Pahlavi a été l'une des vedettes de l'édition 2026. Il s'est imposé comme une alternative crédible au régime iranien, marquant un tournant dans sa reconnaissance internationale.

Un leadership affirmé devant des foules immenses

« Je m'engage à être le leader de la transition » vers un « processus démocratique et transparent, à travers les urnes », a lancé Reza Pahlavi le samedi 14 février devant une foule de plus de 250 000 personnes. Malgré la pluie, ses partisans se sont rassemblés sur la Theresienwiese, l'immense place munichoise qui accueille chaque année l'Oktoberfest. Cette manifestation se tenait en marge du « Davos de la Défense », selon les chiffres officiels de la police bavaroise.

Le même jour, à plus de 6 600 kilomètres de là, à Toronto, 350 000 partisans scandaient « Javid chah ! » (« Longue vie au chah ») lors de la « Journée mondiale d'action » lancée par le prince héritier. Une mobilisation similaire a été observée à Los Angeles, où les manifestants brandissaient le drapeau historique de l'Iran frappé du lion et du soleil.

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La stratégie de mobilisation qui a changé la donne

Le véritable tournant remonte au 7 janvier dernier, dix jours après le début du mouvement de révolte en Iran. Dans une vidéo diffusée sur son compte X, Reza Pahlavi a lancé son premier appel à l'action directe, invitant les Iraniens à manifester les 8 et 9 janvier à 20 heures précises. L'appel a fait mouche :

  • Des dizaines de milliers d'Iraniens sont sortis dans 46 villes à travers 21 provinces
  • Plus d'un million et demi de personnes étaient dans les rues le 8 janvier
  • Il s'agit de la plus grande manifestation depuis l'avènement de la République islamique en 1979

La répression a été brutale. Entre 7 000 et 35 000 manifestants ont été tués à l'arme de guerre en l'espace de deux jours, ébranlant profondément le régime.

La reconnaissance internationale grandissante

« Sans conteste, Reza Pahlavi a marqué des points en se posant ces dernières semaines comme la meilleure alternative à la République islamique », souligne Mehrdad Khonsari, ancien diplomate iranien qui a épaulé le prince héritier de 1987 à 1991. « De par son nom, il a créé un appel national en sa faveur, et est devenu le porte-drapeau de la lutte contre la République islamique. »

Longtemps favorable au retour de la monarchie, Reza Pahlavi prône depuis 2022 l'instauration d'une démocratie par voie référendaire. À 65 ans, il aspire à diriger une transition politique basée sur :

  1. La laïcité
  2. Le multipartisme
  3. La paix régionale

Autrefois boudé par les responsables occidentaux, il s'est cette année entretenu à Munich avec :

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky
  • Le ministre français des Affaires européennes Benjamin Haddad
  • Constance Le Grip, vice-présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
  • Le député allemand Armin Laschet

Les relations complexes avec les États-Unis

À Munich, Reza Pahlavi s'est adressé directement à Donald Trump depuis l'Allemagne, l'appelant à « aider » la population iranienne. « Le peuple iranien vous a entendu dire que l'aide est en route, et il a foi en vous », a-t-il déclaré. La veille, il avait même réclamé une « intervention » militaire américaine en Iran.

Pourtant, le président américain n'a toujours pas accepté de rencontrer le prince héritier, malgré ses appels répétés sur Fox News. Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid, évoquant pour la première fois le 13 février l'hypothèse d'un changement de régime en Iran, tout en poursuivant les négociations sur le nucléaire iranien.

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Les divisions au sein de l'opposition iranienne

Si Reza Pahlavi marque des points sur la scène internationale, il reste une personnalité clivante au sein même de l'opposition iranienne. À Munich, il a refusé de condamner les attaques de certains de ses partisans contre d'autres membres de la diaspora. Interrogé sur le règne de son père, il a botté en touche, préférant se concentrer sur l'avenir.

« Alors que la République islamique n'est pas encore tombée et que l'opposition a besoin d'unité, Reza Pahlavi aurait tout intérêt à collaborer avec toutes les franges de l'opposition », analyse Mehrdad Khonsari. « En se posant comme seul garant de la transition politique, il risque au contraire de se les aliéner. »

Malgré ces divisions, le prince héritier rappelle avec force que c'est son nom, et aucun autre, qui est scandé dans les rues d'Iran. La séquence de Munich constitue un pas important pour sa reconnaissance internationale, inquiétant au plus haut point le régime iranien qui tente par tous les moyens de ternir son image de leader crédible.