Lors d'une interview diffusée mardi 23 juin à Rome dans le cadre de la soirée Verità, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réaffirmé sa volonté de préserver les relations avec les États-Unis, malgré les récentes attaques de Donald Trump à l'issue du sommet du G7 à Evian. Interrogée par Maurizio Belpietro, elle a déclaré : « Je n'ai pas l'intention d'attiser davantage cette confrontation. Je pense que notre coopération bilatérale avec les États-Unis doit reprendre son cours normal. »
Une polémique née des propos de Trump
Vendredi précédent, Donald Trump avait affirmé sur la chaîne italienne LA7 que Giorgia Meloni l'aurait « supplié » de prendre une photo avec lui lors du G7. « Je ne l'aurais pas fait, mais j'ai eu pitié d'elle ! » avait-il ajouté. La dirigeante italienne avait immédiatement réagi sur X, qualifiant ces propos de « pures inventions ». Dans l'interview de mardi, elle a appelé à dépasser la polémique : « Les relations entre l'Italie et les États-Unis ne se résument pas à la question du pouvoir. On parle de politique étrangère comme si on était sur l'Île de la Tentation, mais c'est bien plus complexe. »
Pas de risque pour les relations commerciales
Meloni a insisté sur la nécessité de préserver les échanges économiques entre les deux pays. Elle a affirmé ne voir « aucun risque de répercussions », estimant que la coopération bilatérale ne devrait pas être affectée par cette querelle personnelle. « Les relations commerciales entre l'Italie et les États-Unis sont solides et doivent le rester », a-t-elle souligné.
Volonté de peser sur le dossier iranien
Le conflit entre les États-Unis et l'Iran a également été abordé. Meloni s'est dite optimiste : « Même si les négociations sont loin d'être simples, nous devons apporter notre contribution, tant sur le plan diplomatique qu'en offrant notre soutien. » Elle a également affirmé vouloir échanger avec Emmanuel Macron sur ce dossier, alors que ni Washington ni Téhéran ne semblent attendre une implication européenne. Selon elle, l'Italie doit jouer un rôle actif dans la résolution de cette crise.
Soutien du ministre des Affaires étrangères
Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères italien, a pris la parole pour soutenir la cheffe du gouvernement. Il a déclaré : « Les alliés peuvent parfois avoir de forts désaccords – et lorsqu'il y a des attaques injustifiées, il est nécessaire de répondre – mais cela n'interrompt pas le dialogue. Il ne s'agit pas d'une rupture définitive ; ce serait une erreur pour tous. »
Tajani a également mis en avant les enjeux économiques de l'alliance : « L'Italie est un partenaire stratégique des États-Unis en Méditerranée, en Afrique et dans les Balkans. Il est difficile d'imaginer que Washington puisse négliger un allié d'une telle importance. Je suis convaincu que le bon sens l'emportera. »
Une alliance durable et indispensable
Ces déclarations interviennent après l'annulation de la visite de Tajani aux États-Unis, motivée par les « propos graves et offensants » de Trump. Malgré cet incident, le ministre insiste sur l'importance de la relation diplomatique : « L'alliance de l'Italie avec les États-Unis est non seulement durable, mais indispensable. »
Meloni et Tajani semblent ainsi vouloir recentrer le débat sur les intérêts communs, qu'il s'agisse de la stabilité en Méditerranée, des échanges commerciaux ou de la gestion des crises internationales comme le dossier iranien. La polémique avec Trump, bien que vive, ne devrait pas compromettre une coopération jugée vitale pour les deux nations.



