Un homme de 28 ans comparaît depuis lundi 24 juin devant la cour criminelle du Var à Draguignan pour avoir drogué ses petites amies avant de les violer. Selon l'acte d'accusation, au moins six femmes auraient été victimes de ces agissements entre 2018 et 2022. Le prévenu, dont l'identité n'a pas été divulguée, est accusé d'avoir administré à ses partenaires des substances sédatives, comme du GHB ou des benzodiazépines, à leur insu, afin de les violer pendant leur sommeil ou sous l'emprise des produits.
Des preuves accablantes
L'enquête a débuté en 2022 après le signalement d'une jeune femme qui, après avoir passé la nuit chez son compagnon, s'est réveillée avec des douleurs intenses et des souvenirs flous. Des analyses toxicologiques ont révélé la présence de GHB dans son organisme. Les investigations ont ensuite permis de relier plusieurs plaintes similaires, toutes impliquant le même homme. Les enquêteurs ont saisi son téléphone et son ordinateur, où ils ont découvert des vidéos montrant les viols, ainsi que des messages dans lesquels il se vantait de ses actes auprès d'autres personnes.
Un mode opératoire récurrent
Le mode opératoire était systématique : il rencontrait ses victimes sur des applications de rencontres, les invitait chez lui, puis leur offrait un verre ou un plat contenant des drogues. Une fois les femmes inconscientes, il les violait et filmait ses actes. Selon le parquet, il aurait utilisé cette méthode avec au moins six partenaires, mais les enquêteurs estiment que le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé. "Il agissait avec une préméditation glaçante", a déclaré une source proche de l'enquête. "Il choisissait des femmes vulnérables, souvent isolées, et les droguait pour assouvir ses pulsions."
Des victimes marquées à vie
À l'audience, plusieurs victimes ont témoigné, décrivant des séquelles psychologiques profondes. "Je ne me souviens de rien, mais mon corps se souvient", a confié l'une d'elles, âgée de 25 ans. "Depuis, je ne fais plus confiance à personne. C'est une souffrance permanente." Une autre a raconté avoir découvert les vidéos de son viol sur le téléphone de l'accusé, ce qui a provoqué un choc traumatique. Les avocats des parties civiles ont souligné la gravité des faits : "Ces femmes ont été privées de leur consentement, de leur dignité. Il faut que la justice reconnaisse l'ampleur de leur calvaire."
La défense invoque des troubles psychiatriques
L'avocat de l'accusé a plaidé pour une atténuation de la responsabilité pénale, évoquant des troubles de la personnalité et des antécédents de dépression. "Mon client reconnaît les faits, mais il n'était pas pleinement conscient de ses actes en raison de son état psychique", a-t-il déclaré. Cependant, les expertises psychiatriques ordonnées par le tribunal ont conclu à l'absence de trouble mental ayant aboli ou altéré son discernement au moment des faits. Le procureur a requis une peine de 15 à 20 ans de réclusion criminelle, soulignant la dangerosité de l'accusé et la nécessité de protéger la société.
Un procès sous haute surveillance
Le procès, qui doit durer jusqu'à vendredi, se déroule à huis clos partiel pour protéger l'identité des victimes. L'affaire a suscité une vive émotion dans le Var, où des associations féministes ont organisé des rassemblements de soutien aux victimes. Selon les statistiques, les cas de soumission chimique ont augmenté de 30 % en France ces dernières années, selon une étude de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publiée en 2023. Ce procès pourrait contribuer à une meilleure prise en charge judiciaire de ces violences.



