Kaja Kallas, la Dame de fer européenne qui défie Trump
Kaja Kallas défie Trump à Munich

C’est un long soupir peu discret. Ce 13 février, sur l’estrade de la Conférence pour la sécurité de Munich, l’ambassadeur américain auprès de l'ONU dresse le panégyrique de Donald Trump et, à ses côtés, la cheffe de la diplomatie européenne s’impatiente. Sans quitter Mike Waltz du regard, Kaja Kallas gonfle ostensiblement les joues, puis expire lentement. La mimique fera le tour des réseaux sociaux, tant elle résume l’exaspération des Européens face à la Maison-Blanche. Dans la discussion qui suit, l’ex-Première ministre estonienne se montre pugnace et critique des initiatives du président des États-Unis.

« Enfin ! » se disent ses partisans. Car, dix-huit mois après son entrée en fonction comme Haute représentante et vice-présidente de la Commission, celle que l’on surnommait « la Dame de fer » peine à imprimer sa marque. Ses débuts effacés confortent ses détracteurs, qui ne la croient pas à la hauteur d’un rôle aussi exigeant. Ils ont beau jeu de pointer que plusieurs poids lourds du service diplomatique européen ont déjà quitté leur poste ou envisagent une mutation. Même la secrétaire générale a baissé les bras et s’en ira en septembre.

« Kaja Kallas se comporte comme une enfant gâtée en interne, alors qu’elle peine à appréhender la complexité du millefeuille bruxellois et des relations internationales », regrette un haut fonctionnaire. Malgré ces critiques, elle reste une figure clé de la diplomatie européenne, capable de tenir tête aux grandes puissances.

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