L'Iran entre espoirs diplomatiques et menaces militaires
La République islamique d'Iran a exprimé ce dimanche un optimisme mesuré quant à la possibilité de parvenir à un accord avec les États-Unis, tout en brandissant fermement son droit à l'autodéfense en cas d'attaque américaine. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a déclaré qu'il existait de bonnes chances d'aboutir à une solution diplomatique mutuellement bénéfique, avec de possibles nouvelles discussions prévues jeudi à Genève.
Des négociations sous haute tension
Les deux nations, ennemis de longue date, ont engagé depuis début février deux sessions de pourparlers sous médiation omanaise, visant principalement à résoudre le différend persistant autour du programme nucléaire iranien. Pour faire pression, le président américain Donald Trump a déployé dans la région du Golfe deux porte-avions et plus d'une dizaine de navires de guerre, tout en menaçant d'une intervention militaire directe.
« Je crois qu'il existe encore de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant », a affirmé Abbas Araghchi lors d'une interview sur la chaîne américaine CBS. « Nous poursuivons nos négociations, tout en travaillant sur les éléments d'un accord et sur une première version du texte ».
Le droit à l'autodéfense iranien
Néanmoins, le chef de la diplomatie iranienne a immédiatement tempéré cet optimisme en réaffirmant le droit inaliénable de son pays à se défendre. « Face à un acte d'agression, toute réponse est justifiée et légitime », a-t-il martelé. Il a également rappelé que les missiles iraniens ne pouvaient atteindre le territoire continental américain, ce qui obligerait Téhéran à « trouver une autre solution et frapper les bases américaines dans la région ».
Cette position ferme s'inscrit dans une longue tradition de menaces iraniennes, incluant la possibilité de bloquer le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour le commerce mondial du pétrole.
Un contexte diplomatique complexe
Les précédentes discussions indirectes entre les deux pays avaient été brutalement interrompues en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran avec le soutien américain, conflit durant lequel des sites nucléaires iraniens avaient été pris pour cible. Aujourd'hui, l'Iran, asphyxié par des sanctions internationales paralysantes, cherche désespérément un accord rapide pour alléger ces mesures coercitives.
Selon des informations du média Axios, les États-Unis, représentés par l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner (gendre de Donald Trump), seraient prêts à reprendre les pourparlers à condition de recevoir une proposition iranienne détaillée dans les 48 heures. Abbas Araghchi avait pour sa part annoncé vendredi qu'une ébauche de texte serait prête « d'ici deux ou trois jours ».
Les points de friction persistants
Le cœur du désaccord reste l'enrichissement d'uranium sur le sol iranien. Alors que Donald Trump exige « zéro enrichissement », Washington examinerait selon Axios la possibilité d'autoriser « un enrichissement symbolique et limité », insuffisant pour développer une arme nucléaire. « En tant que pays souverain, nous avons pleinement le droit de décider pour nous-mêmes », a répliqué le ministre Araghchi, défendant le programme nucléaire civil iranien comme une réalisation scientifique nationale.
Tensions internes et manifestations
Ces négociations se déroulent dans un contexte de fortes tensions internes en Iran. Pour la première fois depuis la répression de janvier, des slogans appelant à la mort du guide suprême Ali Khamenei ont retenti cette semaine dans plusieurs villes. Ce dimanche, des rassemblements ont opposé étudiants partisans et adversaires du régime, lors d'hommages aux manifestants tués, avec des échauffourées signalées la veille.
Les nouvelles tensions entre Washington et Téhéran sont apparues après la répression du mouvement de contestation en Iran, Donald Trump ayant d'abord évoqué une intervention militaire en soutien aux manifestants avant de privilégier la voie diplomatique.



