Un revirement diplomatique majeur en Hongrie
Le paysage politique hongrois connaît un bouleversement significatif avec l'arrivée au pouvoir de Péter Magyar. Le futur Premier ministre, fraîchement élu lors des législatives du 12 avril, a annoncé un changement radical de position concernant la Cour pénale internationale (CPI).
La fin du retrait orchestré par Orbán
L'an dernier, Viktor Orbán avait officiellement notifié le retrait de la Hongrie de la Cour pénale internationale, une décision qui devait prendre effet le 2 juin 2026. Cette annonce était intervenue peu après la visite à Budapest de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien.
Dès sa victoire électorale, Péter Magyar a immédiatement fait savoir qu'il comptait inverser cette décision. Lundi, il a précisé sa position en annonçant non seulement la réintégration de la Hongrie au sein du tribunal international, mais également l'exécution de tous les mandats d'arrêt émis par la CPI.
Le mandat d'arrêt contre Netanyahou au cœur des débats
La Cour pénale internationale, dont le siège est à La Haye, a émis en 2024 un mandat d'arrêt contre Benyamin Netanyahou. Le chef du gouvernement israélien est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza.
Cette situation crée une tension diplomatique particulière puisque Péter Magyar a lui-même invité Benyamin Netanyahou à Budapest le 23 octobre dernier. Cette invitation s'inscrivait dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire du soulèvement hongrois contre les Soviétiques en 1956.
Une position ferme sur l'application du droit international
Interrogé sur cette apparente contradiction, le futur Premier ministre hongrois a apporté des clarifications importantes. « J'ai invité tous les dirigeants avec lesquels je m'étais entretenu par téléphone », a-t-il expliqué.
Mais il a ajouté une précision cruciale : « Si un pays est membre de la Cour pénale internationale et qu'une personne recherchée entre sur son territoire, alors elle doit être placée en détention ». Péter Magyar a poursuivi en affirmant : « Je n'ai pas besoin de tout dire au téléphone. Je pars du principe que chaque chef d'État et de gouvernement connaît ces lois ».
Les prochaines étapes politiques en Hongrie
Parallèlement à ces annonces diplomatiques, Péter Magyar a dévoilé le calendrier politique immédiat. La séance inaugurale de l'Assemblée nationale hongroise se tiendra lors du week-end des 9 et 10 mai. C'est à cette occasion que le nouveau Premier ministre prêtera serment, marquant ainsi le début officiel de son mandat.
Ce revirement politique représente un changement majeur dans la politique étrangère hongroise. Alors que Viktor Orbán avait cultivé des relations étroites avec plusieurs dirigeants controversés sur la scène internationale, son successeur semble vouloir réaffirmer l'engagement de la Hongrie envers les institutions judiciaires internationales et le respect du droit pénal international.



