Un diplomate français au cœur de l'affaire Epstein
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi 10 février avoir saisi la justice française pour lui signaler les faits présumés mettant en cause un diplomate français, Fabrice Aidan, cité dans les fichiers Epstein. Je diligente par ailleurs une enquête administrative pour contribuer au travail de la justice et lance une procédure disciplinaire, a ajouté M. Barrot sur X.
Une suspension immédiate chez Engie
Fabrice Aidan, dont le nom a été cité notamment par Mediapart plus tôt mardi, est secrétaire des affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles et occupant des fonctions chez le groupe d'énergie Engie. En raison des éléments portés à notre connaissance et relayés dans certains médias, qui concerneraient une période antérieure à son entrée dans le groupe, Engie a décidé de suspendre les fonctions de Fabrice Aidan, a déclaré le groupe à l'AFP.
Des échanges révélateurs avec Jeffrey Epstein
Selon Radio France, entre 2010 et 2017, ce secrétaire des affaires étrangères pour l'Orient, en poste depuis vingt-cinq ans pour le Quai d'Orsay, a échangé des dizaines de mails directs et parfois familiers avec Jeffrey Epstein et participé à de nombreuses boucles de mails incluant l'homme d'affaires américain et des membres de son équipe rapprochée. Les premiers échanges répertoriés remontent à 2010.
À ce stade, les échanges rendus publics ne semblent pas relier le haut fonctionnaire aux crimes sexuels commis par le milliardaire. Cependant, selon Mediapart et Radio France, Fabrice Aidan a fait bénéficier Jeffrey Epstein d'informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l'international.
Un contexte international troublé
En 2010, le Français est détaché par la France aux Nations unies où il est conseiller du diplomate norvégien Terje Rod-Larsen. Ce dernier, ainsi que son épouse Mona Juul, font l'objet d'une enquête en Norvège pour complicité de corruption aggravée et corruption aggravée en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein.
Selon Mediapart, l'ONU avait été alertée en 2013 par le FBI de l'existence d'une enquête susceptible de mettre en cause Fabrice Aidan à New York. Contactés par les médias qui ont révélé ces liens, Fabrice Aidan n'a pas donné suite.
Des réactions gouvernementales fermes
Sur RTL, mercredi matin, Jean-Noël Barrot s'est dit effaré et indigné. Les faits allégués sont d'une très grande gravité. Quand j'ai pris connaissance de ces informations, hier, j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. J'ai saisi la justice et lancé une procédure disciplinaire, qui décidera de son avenir, a-t-il ajouté.
De nombreuses autres personnes partout dans le monde apparaissent dans les documents rendus publics par la justice américaine dans l'affaire Epstein. La mention d'un nom dans les correspondances du criminel sexuel ne présuppose aucun acte répréhensible. En France, l'ancien ministre de la culture Jack Lang a dû démissionner de ses fonctions de président de l'Institut du monde arabe suite à cette affaire.



