Le Conseil de la paix, une initiative portée par l'ancien président américain Donald Trump, doit tenir sa réunion à Washington ce jeudi 19 février. Cette instance, dont la création avait été annoncée avec fracas, pourrait enfin dévoiler ses objectifs concrets, au-delà de la simple collecte de cotisations élevées de ses membres. Ces fonds, dont l'utilisation ultime reviendra au président des États-Unis, soulèvent des questions sur la gouvernance et la transparence de l'organisation.
Une charte aux ambitions élargies mais floues
Initialement conçu pour se concentrer sur la crise à Gaza, la charte du Conseil de la paix a évolué vers des ambitions planétaires, mais dont les contours restent incertains. Pourtant, les observateurs soulignent l'urgence de revenir à la mission première, alors que la situation dans la région demeure extrêmement tendue. Il y a un an, lors de sa première visite à la Maison Blanche après le retour de Donald Trump au pouvoir, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait exprimé sa volonté de « changer le visage du Moyen-Orient ».
Il avait alors déclaré : « Nos décisions et le courage de nos soldats ont redessiné la carte. Mais je crois qu'en travaillant étroitement avec le président Trump nous pouvons la redessiner encore plus loin et pour le meilleur. » Un an plus tard, cette nouvelle carte géopolitique se caractérise non seulement par l'affaiblissement de l'axe pro-iranien, sous l'effet des bombardements soutenus par les États-Unis, mais aussi par l'émergence de zones au statut indéfinissable à la périphérie d'Israël, notamment à Gaza.
La situation à Gaza : un huis clos inquiétant
À la veille des attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas, et de la destruction sanglante qui a suivi, Israël était toujours considéré par la majorité des juristes comme une puissance occupante, malgré son retrait unilatéral de 2005. Depuis, le pays a renforcé son contrôle avec une occupation militaire effective sur plus de la moitié de ce territoire surpeuplé et en ruines. La fin de cette occupation semble incertaine.
Un cessez-le-feu, célébré avec faste par Donald Trump lors du sommet de Charm El-Cheikh le 13 octobre 2025, règne en théorie, mais il est contredit par la poursuite de frappes israéliennes ayant causé la mort de centaines de Palestiniens depuis cette date. Malgré l'arrêt officiel des combats, l'armée israélienne maintient l'interdiction d'accès à l'enclave pour la presse internationale.
Ce huis clos sans précédent de la part d'un allié des États-Unis et des pays européens a été aggravé par la mise à l'écart, en violation du droit humanitaire, d'organisations non gouvernementales comme Médecins sans frontières. Ces organisations ont refusé de se plier aux directives des autorités israéliennes, soulignant les tensions persistantes sur le terrain.
Le Conseil de la paix se réunit donc dans un contexte où les défis sont immenses et les solutions loin d'être évidentes. Ses ambitions planétaires pourraient détourner l'attention des crises urgentes, comme celle de Gaza, où la souffrance des populations appelle une action concrète et rapide.



