Mercredi 26 juillet 2023, en marge du Festival d'Avignon, une centaine d'artistes et de professionnels du spectacle vivant ont interpellé Emmanuel Macron, venu assister à une représentation. Ils ont dénoncé les coupes budgétaires annoncées dans le secteur culturel, notamment la suppression de 200 millions d'euros pour le ministère de la Culture en 2024, selon le projet de loi de finances.
Une lettre ouverte au président
Dans une lettre ouverte remise au chef de l'État à son arrivée au théâtre, les signataires, parmi lesquels des metteurs en scène, comédiens et techniciens, ont écrit : « Est-ce un paysage de ruine que vous voulez ? » Ils déplorent que ces coupes mettent en péril l'équilibre fragile du secteur, déjà fragilisé par la crise du Covid-19 et l'inflation. « Nous ne pouvons accepter que la culture soit la variable d'ajustement budgétaire », ont-ils ajouté.
Des conséquences directes sur les festivals
Les artistes ont souligné que ces réductions budgétaires affectent directement les festivals, les compagnies et les lieux de diffusion. Le Festival d'Avignon lui-même, qui bénéficie de subventions publiques, pourrait voir son budget réduit de 10 % selon les organisateurs. « C'est un signal désastreux envoyé à toute la filière », a déclaré Olivier Py, directeur du festival, cité par les signataires.
La réponse de l'Élysée
Selon des sources proches de la présidence, Emmanuel Macron a pris le temps d'échanger quelques minutes avec les représentants des artistes. Il aurait réaffirmé son attachement à la culture, mais justifié les coupes par la nécessité de réduire le déficit public. « Il nous a dit que la culture devait faire des efforts comme les autres ministères », a rapporté l'un des participants. Les artistes, eux, estiment que la culture est un investissement et non une dépense.
Un mouvement de protestation plus large
Cette interpellation s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation du monde culturel. Depuis plusieurs semaines, des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, notamment à Paris, Marseille et Lyon. Les syndicats du spectacle appellent à une grève nationale le 15 septembre prochain. Selon une enquête du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), 60 % des structures culturelles prévoient de réduire leur programmation en 2024 en raison des coupes.
Un impact sur l'emploi et la création
Les coupes budgétaires pourraient entraîner la suppression de 5 000 emplois dans le secteur culturel d'ici 2025, selon les estimations de la CGT Spectacle. « C'est une hémorragie qui va détruire des années de travail et de création », a déclaré la comédienne et signataire de la lettre, Clara Dupuis. Les artistes demandent au président de revenir sur ces décisions et d'ouvrir un dialogue avec les professionnels.
Un enjeu démocratique
Au-delà de l'aspect économique, les artistes insistent sur le rôle essentiel de la culture dans la démocratie. « La culture permet de penser le monde, de le critiquer, de le rêver. Sans elle, nous sommes condamnés à la pensée unique », ont-ils écrit dans leur lettre. Ils rappellent que le Festival d'Avignon est un symbole de la création contemporaine et de l'accès à la culture pour tous.



