Négociations USA-Iran : un accord nucléaire plus fragile que le JCPoA de 2015
Accord nucléaire USA-Iran : un pacte plus fragile que 2015

Un accord nucléaire en négociation entre Washington et Téhéran

Selon les médias américains, les discussions actuelles entre l'Iran et les États-Unis s'inspireraient partiellement de l'esprit du JCPoA de 2015. Ce précédent accord, qui limitait l'enrichissement d'uranium iranien à 3,67 % sur quinze ans, avait été rejeté par Donald Trump en 2018, jugé trop avantageux pour la République islamique.

Des positions divergentes après quarante jours de guerre

Après quarante jours de conflit ayant affaibli les programmes balistique et nucléaire iraniens, on aurait pu s'attendre à une position de force américaine. Pourtant, la Maison-Blanche, qui exigeait initialement un arrêt total de l'enrichissement d'uranium, serait désormais prête à accepter une suspension de vingt ans. Téhéran, de son côté, pousse pour une limitation à seulement cinq ans, affirmant ainsi son droit souverain en la matière.

Les intérêts des parties ne sont pas alignés. Donald Trump cherche une victoire diplomatique rapide, tandis que l'Iran, qui n'a pas encore confirmé sa participation à un nouveau round de négociations prévu le 21 avril au Pakistan, vise un allègement des sanctions et une désescalade. Les divergences restent profondes et la méfiance, particulièrement du côté iranien depuis le retrait américain du JCPoA, complique les engagements à long terme.

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Une logique de négociation sous contrainte

"Ce qui émerge aujourd'hui ressemble davantage à une logique de négociation sous contrainte, marquée par des rapports de force, des demandes maximalistes et des échéances politiques rapides, plutôt que par une construction institutionnelle progressive et méthodique", estime Mohammad Zahid, chercheur spécialiste du Moyen-Orient au think tank saoudien Rasanah.

Une chose semble acquise : tout accord sera plus limité et fragile que le pacte multilatéral de 2015, négocié pendant des années avec l'Union européenne et les grandes puissances du Conseil de sécurité de l'ONU. "Le scénario le plus réaliste n'est pas une relance complète du JCPoA, mais plutôt un cadre temporaire visant à réduire les tensions sans résoudre entièrement le différend nucléaire, et permettant de prolonger les discussions dans un climat moins pressurisé", ajoute Mohammad Zahid.

Un contexte moins favorable qu'en 2015

Aujourd'hui, le contexte est moins propice qu'en 2015. Donald Trump doit gérer seul le dossier iranien, sans le soutien des Européens, sans l'expertise de l'AIEA – qui n'a pas pu effectuer d'inspection depuis juin dernier – et avec un détroit d'Ormuz transformé en zone de tensions maritimes.

Imputer toute la responsabilité de l'impasse occidentale au président américain serait injuste, car Téhéran a toujours menti sur la réalité de son programme nucléaire. Cependant, les décisions erratiques de Trump, convaincu d'être le maître de la diplomatie coercitive, ont mis en lumière son impréparation. Le retour en arrière est brutal, et les négociations actuelles peinent à retrouver la solidité du cadre technique établi il y a onze ans.

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