L'armée de l'Air française a intercepté des drones et missiles iraniens
Interceptions aériennes françaises dans le Golfe en 2026

L'armée de l'Air française intensifie ses interceptions dans le Golfe

Entre février et avril 2026, l'armée de l'Air française a multiplié les interceptions de drones et de missiles pour protéger ses partenaires dans la région du Golfe. Au total, 360 missions ont été effectuées par des Rafale et une trentaine par des hélicoptères Fennec. Un drone Shahed apparaît sur l'écran infrarouge du Rafale, puis un flash brillant fonce exploser contre sa cible en moins d'une seconde. Cette vidéo d'interception nocturne est l'une des dizaines réalisées par les avions de combat français entre le début des hostilités le 28 février et la trêve entre les États-Unis et l'Iran le 8 avril.

Engagement massif de l'aviation de chasse

Liée par des accords de défense avec le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis, la France a mis ses avions de combat déployés aux Émirats et en Jordanie au service de ces pays visés par les représailles de Téhéran. Ces forces ont été rapidement renforcées par au moins six appareils supplémentaires. « Chaque pays assure sa défense aérienne et nous, on y contribue », explique le général Julien Sabéné depuis la « War Room » bardée d'écrans de la base de Lyon Mont-Verdun, d'où sont dirigées toutes les opérations aériennes françaises hors dissuasion nucléaire.

« Ça fait deux mois qu'on est sur la brèche », entre entraînements, missions de police du ciel ou exercice de raid nucléaire Poker. « Le taux d'engagement de notre aviation de chasse a été ponctuellement de 80 %, ce qui est énorme », ajoute le général Julien Sabéné. Au cours des premières semaines du conflit, environ 80 missiles air-air Mica ont été tirés par les Rafale français contre des drones et des missiles de croisière, selon des sources informées du dossier.

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Missions de défense et interceptions

Sur la base aérienne d'Orange, dans le sud de la France, le commandant Quentin, de retour après un déploiement dans la région, évoque un « mur de radars et de missiles dressé pour intercepter tout ce qui pourrait arriver ». Les Rafale se voyaient fixer une zone à défendre par le pays partenaire – l'armée de l'Air et de l'Espace a pour consigne de ne pas en dévoiler le nom – contre toute incursion de drone ou missile.

« Parfois, c'est long, il ne se passe rien du tout, parfois il y a des vagues, des hordes de drones, de missiles de croisière » à intercepter, raconte le capitaine Louis de l'escadron 1/5 Vendée, lui aussi de retour de déploiement. Les avions étaient également en alerte au sol, capables de décoller en quelques minutes pour intercepter des drones volant très bas passés au travers des mailles de la couverture radar. « Cela a représenté un volume conséquent en termes de sorties et d'activité », selon le commandant Quentin.

Accélérateur d'expérience et adaptations

Le Moyen-Orient a été un accélérateur d'expérience pour les pilotes du Vendée, dont « la moitié du détachement n'avait jamais tiré de missile air-air » auparavant, précise le commandant Quentin. À plus de 600 000 euros le missile Mica et des stocks limités, il a vite fallu trouver d'autres moyens pour lutter contre la masse de drones et de missiles lancés par l'Iran.

Les seuls Émirats ont à eux seuls été visés par plus de 2 800 drones et missiles avant la trêve, selon le ministère émirati de la Défense. L'armée de l'Air a donc déployé des moyens de défense sol-air dans la région, dont un système SAMP/T dont le missile est aussi très coûteux, ainsi que deux hélicoptères Fennec armés d'un canon de 20 mm ou d'un tireur embarqué. « Nous, on était en deuxième rideau, plus proches des zones sensibles dans les basses couches, à faible vitesse », idoines pour l'interception des Shahed, confie le lieutenant-colonel Sébastien, chef du détachement Fennec. L'armée de Terre a de son côté déployé des hélicoptères de combat Tigre pour la même mission. L'armée de l'Air et de l'Espace a également adapté en urgence la conduite de tir du canon du Rafale pour pouvoir tirer contre des cibles lentes et s'apprête à équiper l'avion de paniers de roquettes, bien moins coûteuses qu'un missile. Au total, les Rafale français ont effectué à ce stade 360 missions, les Fennec une trentaine.

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