Ce mercredi matin, une ambiance solennelle régnait autour de la vaste place d'armes du 503e régiment du Train, basé à Garons. Spécialisé dans la logistique des forces, ce régiment transporte les ressources et ravitaille les unités. Devant de nombreux officiels, le colonel Nicolas Vergos, en poste depuis deux ans, a cédé le commandement à Fanny Peluttiero pour une durée de deux ans.
Un parcours exemplaire
Le colonel Fanny Peluttiero, originaire de Draguignan, est une femme de terrain. Elle a fait Saint-Cyr, l'école de guerre et a été affectée huit ans en Bourgogne et dix ans en région parisienne. Avant de prendre la tête du 503e régiment du Train, elle était affectée à l'état-major de la logistique dans l'Essonne. Elle devient ainsi la première femme à être chef de corps du Train, une arme jusqu'alors masculine.
Les défis à venir
Parmi les nombreux défis qui l'attendent, le plus important est l'Allied Reaction Force (ARF), une force multinationale à haut niveau de préparation de l'Otan. Concrètement, des troupes sont en alerte pendant un an à partir du 1er juillet, pour être en mesure d'intervenir en cas d'agressions. Au 503e RT, environ 300 personnes sont impliquées et participeront à une préparation opérationnelle intensive.
Le régiment poursuivra également son engagement dans l'opération Sentinelle. De plus, après plus de cinq ans sans défiler à Paris, le 503e RT participera au défilé du 14 juillet cet été. Environ 90 militaires du régiment rallieront la capitale dès le 6 juillet pour enchaîner de nombreuses répétitions avant le jour J.
Un style de commandement unique
Interrogée sur le fait d'être une femme dans un milieu masculin, Fanny Peluttiero assure que « pour bien commander il faut être soi-même, avoir des compétences et des appétences particulières, mais homme ou femme, ça ne change rien même si j'ai peut-être un style de commandement un peu plus maternant ».
Le contexte international tendu pousse les armées à se préparer à un engagement de haute intensité. « Depuis le Mali et l'Afghanistan, qui étaient des missions exigeantes, on continue… L'ennemi et les menaces ont évolué, on a une préparation durcie pour s'habituer à travailler dans des conditions difficiles », explique-t-elle.
Le départ du colonel Vergos
Le colonel Nicolas Vergos, qui quitte le régiment pour le Premier corps d'armée à Lille, se dit fier de son passage dans le Gard. Il retiendra « une terre de traditions très fortes, la journée des arrivants dans une manade à Saint-Gilles et ma première corrida ». Complètement dépaysant pour ce Breton d'origine !



