Le dossier Chagall entre dans une nouvelle phase. Lors du conseil municipal du 2 juillet 2026, la maire de Vence a fait un point sur cette opération immobilière controversée qui mobilise les municipalités successives depuis plus d'un quart de siècle.
Une nouvelle approche pour l'îlot 2
La nouvelle équipe aux commandes privilégie le dialogue pour optimiser la deuxième phase du projet. Objectif : éviter la réplique du premier îlot jugé trop imposant et éloigné de l'architecture provençale. « Nous ne voulons pas construire de manière aussi dense que ce qui était prévu sur la tranche 2 », explicite Anne Sattonnet. Des discussions ont été relancées avec Eiffage, le promoteur, et l'architecte afin d'imaginer un aménagement plus végétalisé incluant une maison de santé et une maison de retraite. L'entrée de ville et les accès au parking de la place Chagall seront repensés dans un second temps.
Le volet judiciaire toujours ouvert
En parallèle, le volet judiciaire reste ouvert. Selon la maire, Eiffage a fait appel du jugement du 28 mai. Le tribunal judiciaire de Grasse avait rejeté la demande du promoteur de contraindre la Commune à désaffecter le parking aérien Chagall au plus vite pour lancer l'îlot 2. En parallèle, se poursuit un autre recours engagé par le promoteur devant le tribunal administratif. Consciente que la Ville reste tenue par ses engagements contractuels, avec une désaffectation du parking aérien prévue au plus tard le 16 juin 2027, Anne Sattonnet appelle à tourner la page des contentieux.
« Mieux vaut un accord qu'un procès »
« Si on peut trouver une solution, mieux vaut un accord qu'un procès », a-t-elle résumé, estimant que chaque partie devra consentir des concessions. Pour l'opposition, Hafid Belhocine a vu dans la décision du tribunal « la confirmation que l'ancienne municipalité avait conduit ce dossier avec beaucoup de sérieux et de compétences ». L'ancien adjoint de Régis Lebigre a rappelé que, dès 2020, son équipe n'envisageait plus de réaliser la seconde tranche dans sa configuration initiale. Il s'est dit prêt à accompagner la nouvelle majorité pour aboutir à « une sortie de situation acceptable », autour d'un projet moins dense, plus vert et négocié avec le promoteur.
Une situation fragile
« Nous ne devons pas fanfaronner parce que nous avons gagné au tribunal judiciaire, préconise la maire. Notre situation reste très fragile. Seule une solution négociée permettra de sortir durablement de ce dossier. » Autre annonce importante : la Ville devra racheter à l'Établissement public foncier (EPF) régional les terrains acquis dans le cadre du portage foncier. Un rachat de 3,9 millions d'euros supérieur au prix d'acquisition initial. Anne Sattonnet explique que ce montant résulte du montage financier de l'opération, le coût global du foncier ayant été réparti pour moitié entre les deux tranches du programme. La Commune souhaite étaler l'acquisition sur trois exercices budgétaires après un accord de principe auprès de l'EPF.



