Les Régions dénoncent une coupe budgétaire de 56% pour la formation des chômeurs
L'association Régions de France a exprimé son indignation face à une décision gouvernementale qui réduit drastiquement les crédits alloués à la formation des demandeurs d'emploi. Selon un communiqué publié vendredi, le budget 2026 consacré à ce dispositif subit une diminution de 56%, entraînant la suppression de plus de 60 000 places de formation.
Une baisse historique des financements de l'État
Le ministre du Travail a informé les élus régionaux des montants arbitrés par le Premier ministre pour les Pactes régionaux d'investissement dans les compétences. Pour l'année 2026, seulement 377 millions d'euros seront disponibles, contre 854,9 millions d'euros contractualisés il y a trois ans. Cette réduction représente une baisse de plus de la moitié de la contribution de l'État par rapport à 2025, une situation inédite depuis la mise en place de ce mécanisme contractuel en 2019.
Pénalisées par la loi de finances, les régions assurent qu'elles n'auront pas les moyens de compenser cette perte financière sur leurs propres budgets. « En aucun cas nous ne pourrons nous substituer à ce désengagement désastreux de l'État », ont déclaré Carole Delga, présidente de Régions de France, et François Bonneau, président de la commission formation.
Un impact catastrophique sur les publics vulnérables
L'association affirme que les conséquences de cette mesure seront « gravissimes ». La suppression des places ciblera d'abord les publics les plus éloignés du marché de l'emploi :
- Les jeunes peu qualifiés
- Les chômeurs de longue durée
- Les allocataires du RSA
- Les travailleurs handicapés
Les besoins de secteurs économiques essentiels comme le BTP, l'industrie, l'artisanat, le numérique ou le commerce ne seront plus couverts. Le communiqué évoque un impact « catastrophique » pour l'appareil de formation en région et anticipe « les premières faillites » parmi les organismes de formation.
Une décision en contradiction avec les objectifs de plein-emploi
Cette décision intervient alors que « le chômage reprend » chez les plus jeunes, contredisant « de manière flagrante » la loi pour le plein-emploi du 18 décembre 2023. Le gouvernement a récemment coupé de 50% les enveloppes versées pour le financement des centres de formation d'apprentis (CFA), aggravant la situation.
Une étude de la Dares de 2022 rappelle que la probabilité de retrouver un emploi dans les 18 mois augmente de 10% pour un demandeur ayant suivi une formation. Les responsables régionaux fustigent une mesure soulignant « le caractère particulièrement déséquilibré dans la mise en œuvre des compétences décentralisées ».



