Le maire de Tresses obtient la protection fonctionnelle pour deux affaires controversées
L'automne politique à Tresses s'est prolongé lors du conseil municipal du jeudi 26 février, avec l'examen de deux demandes de protection fonctionnelle formulées par le maire Christian Soubie. Les élus de la majorité ont accordé cette protection au premier magistrat de la commune, couvrant ainsi les frais juridiques potentiels liés à ces dossiers sensibles.
Une plainte pour violence au cœur des débats
La première demande concerne une plainte pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique déposée contre Christian Soubie par Axelle Balguerie, élue d'opposition. Cette dernière a été adversaire du maire sortant lors des élections municipales de 2014 et 2020, et figure sur la liste Tresses demain menée par François Fourton pour les élections de 2026.
Les faits remontent au 6 septembre dernier, lors de la fête des associations organisée dans la salle du Reflet. La tension est montée entre le maire et l'élue d'opposition lorsque Christian Soubie a souhaité « rappeler à la minorité l'interdiction de faire campagne électorale ». Axelle Balguerie a porté plainte pour violence, affirmant que le maire avait saisi son poignet, une scène filmée et diffusée par le groupe Tresses demain qui nie toute activité de campagne ce jour-là.
Le maire de Tresses a été entendu par la gendarmerie le 16 janvier et a donc demandé la protection fonctionnelle, une disposition permettant à la Ville de prendre en charge les frais juridiques. Lors du conseil municipal, le débat a porté sur la question de savoir si Christian Soubie avait agi dans l'exercice de ses fonctions, condition nécessaire à l'octroi de cette protection.
L'opposant Dominique Lacour a exprimé ses doutes : « Est-il acceptable de se faire maîtriser par un homme en 2026 au milieu de personnes surprises par la réaction d'un maire qui ne souhaitait pas être filmé sans qu'une autorisation lui soit demandée ? ». Le premier adjoint Christophe Viandon a estimé que le conseil « est en train de juger des faits en cours d'instruction » et a appelé au vote. Seuls les quatre élus minoritaires se sont opposés à l'octroi de la protection fonctionnelle.
La couverture médiatique d'un dossier de pollution
Les élus ont ensuite examiné la deuxième demande de protection fonctionnelle formulée par le maire concernant des articles de presse publiés entre décembre 2025 et janvier 2026 sur la pollution aux hydrocarbures d'un garage automobile. Suite à une plainte d'un voisin, le propriétaire du garage a été condamné par la Cour d'appel le 15 octobre, avec un pourvoi en cassation en cours.
Cette affaire a donné lieu à une plainte contre X déposée par l'association AC!! Anti-corruption, mettant en cause l'inaction présumée de la mairie dans ce dossier. Les médias ont largement relayé cette plainte, ce qui a conduit Christian Soubie à demander la protection fonctionnelle pour faire face à ce qu'il qualifie de « traitement médiatique intensif et à charge » nécessitant selon lui « un droit de réponse », malgré le fait que sa parole ait été donnée dans certains de ces articles.
L'opposante Axelle Balguerie a produit un courrier mentionnant le pouvoir de police du maire sur ce sujet, tandis que Christophe Viandon lui a reproché d'instruire l'affaire tout en présentant un autre courrier indiquant que la compétence sur cette pollution relevait de l'État. Le vote a suivi la même répartition que pour le premier dossier : la deuxième protection fonctionnelle a été adoptée par la majorité.
Autres décisions du conseil municipal
Au cours de cette même séance, les élus ont également pris plusieurs décisions concernant la vie associative de la commune :
- Adoption de la convention par objectifs avec l'Association pour le développement de l'éducation musicale et artistique (Adema). La commune met à disposition de l'association des bâtiments municipaux à titre gratuit et s'engage à verser une subvention de 23 850 euros en 2026.
- Décision de verser 6 025 euros d'avance de subventions aux associations suivantes : FC Rive Droite 33 (football), Tennis Club de Tresses et Avenir sportif Tresses (basket).
- Approbation du versement de 13 070 euros de chèques associatifs pour 2025-2026 aux différentes associations communales. Ce dispositif a été étendu cette année aux adultes pour encourager la pratique d'activités associatives.



