13 millions de visiteurs par an : la police muscle la sécurité à Odysseum
Sécurité renforcée au centre commercial Odysseum à Montpellier

13 millions de visiteurs par an : la police muscle la sécurité au centre commercial Odysseum à Montpellier

Le commandant Jérôme Crouzet, à la tête du commissariat du secteur centre-ville de Montpellier, a mis en place un groupe de partenariat opérationnel (GPO) sur le quartier Odysseum. Pendant trois mois, police, commerçants, transporteurs, Éducation nationale et Ville ont collaboré pour répondre aux problématiques de sécurité, à l'intérieur et aux abords du centre commercial. Ce dispositif vise à renforcer la sécurité et à améliorer le sentiment de sécurité des visiteurs, qui sont environ 13 millions chaque année.

Pourquoi un GPO à Odysseum ?

Depuis sa prise de fonction en septembre dernier, le commandant Crouzet a concentré ses efforts sur Odysseum, qu'il décrit comme le deuxième centre-ville de Montpellier sur le plan commercial. Avec près de 120 boutiques, dont des enseignes majeures comme Ikea, Decathlon et Primark, l'affluence a considérablement augmenté. L'ouverture de Primark a attiré entre 30 000 et 40 000 visiteurs supplémentaires par jour. Le site accueille environ 13 millions de visiteurs par an, avec des pointes à 100 000 personnes le samedi. Cette affluence accroît mécaniquement le sentiment d'insécurité.

Fonctionnement du groupe de partenariat opérationnel

Le principe de la police de sécurité du quotidien repose sur le partenariat avec les acteurs locaux pour créer des synergies et résoudre rapidement les problèmes de sécurité. Le GPO réunit plusieurs partenaires : la direction d'Odysseum, la Ville, Tam (le réseau de transports), la police métropolitaine des transports, la police municipale, l'Éducation nationale et plusieurs commerces, notamment des restaurants rapides. Trois réunions ont eu lieu sur site, une par mois entre décembre et mars, permettant à chacun de remonter les difficultés rencontrées sur le terrain.

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Problématiques identifiées

Quatre grandes thématiques ont été retenues :

  • Sécurité routière : tensions entre piétons, trottinettes et scooters de livraison circulant dans des zones piétonnes interdites.
  • Établissements scolaires : deux lycées à proximité (Mendès-France et Georges-Frêche) génèrent des regroupements, du bruit et parfois des tensions pendant les pauses méridiennes.
  • Vols : vols à l'arraché dans le tram, vols à l'étalage, vols à la roulotte dans les parkings.
  • Sentiment d'insécurité : lié à l'affluence et aux regroupements.

Actions mises en place

Pour la sécurité routière, des contrôles ont été réalisés avec la police des transports et Tam aux heures sensibles, et les trottinettes ont été verbalisées (leur circulation est interdite par arrêté municipal). Des zones blanches ont été instaurées pour empêcher certaines plateformes de livraison de prendre des commandes sur site, limitant ainsi les déplacements rapides des deux-roues.

Avec les établissements scolaires, un référent Éducation nationale au commissariat a pris contact avec les proviseurs et s'est rendu régulièrement dans les fast-foods fréquentés par les jeunes. En cas d'identification de perturbateurs, il pouvait procéder à un contrôle d'identité ou informer le chef d'établissement, qui contactait ensuite les parents. Cela a permis de créer un lien direct entre commerçants, police et écoles, et de limiter les regroupements à risque.

Pour lutter contre les vols, l'accent a été mis sur la prévention et la transmission d'informations. L'officier responsable des appels au 17 a expliqué aux commerçants le fonctionnement de la chaîne police-secours : quand appeler, quelles informations fournir, dans quels cas déposer plainte. Des fiches pratiques ont été créées pour fluidifier les signalements. Par ailleurs, des patrouilles en civil ont été déployées dans les secteurs les plus sensibles, notamment depuis l'ouverture de Primark.

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Bilan et perspectives

Le commandant Crouzet indique que la police de sécurité du quotidien ne demande pas de résultats chiffrés, mais évalue si les problèmes sont résolus. Il se dit très satisfait des résultats, car le partenariat permet un gain de temps et une transmission d'informations plus efficace. Le GPO a également permis de relancer le projet de vidéoprotection. Une convention existait déjà entre la Ville, la préfecture et la police nationale, mais des difficultés techniques persistaient. Grâce au GPO, le retour des images vers la salle de commandement de l'hôtel de police a été rétabli. Désormais, il est possible d'avoir une vision en temps réel de certaines situations, comme des regroupements illicites ou des équipes de voleurs à l'étalage, ce qui permet d'anticiper et de déployer les effectifs plus rapidement.