Le Festival de Cannes 2026 a réservé une surprise de taille avec la projection de « Hope », le nouveau film du réalisateur sud-coréen Na Hong-jin, connu pour « The Murderer » et « The Chaser ». Ce long-métrage de 2h40, présenté en compétition officielle, a littéralement électrisé le public du Palais des Festivals. Un objet cinématographique hors norme, shooté à l'adrénaline, qui mêle western moderne, science-fiction et film d'action pur jus.
Un synopsis flou, une claque monumentale
Le synopsis de « Hope » est volontairement sibyllin. L'histoire se déroule dans une petite ville portuaire située dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. Très vite, le village est massacré par une force invisible, violente et sanguinaire. Un groupe de chasseurs part débusquer la menace dans la forêt, tandis que le shérif local tente de comprendre ce qui se passe en suivant les corps démembrés qui jonchent le sol. S'ensuit un déluge de balles, de rafales, d'explosions, de courses-poursuites en voiture et de chevauchées dignes de Sergio Leone.
Des extraterrestres pas comme les autres
Au cœur de ce chaos, Michael Fassbender, Alicia Vikander, Taylor Russell et Cameron Britton incarnent des extraterrestres dont l'apparence évoque un mélange de Groot, Prometheus, Avatar et Predator. Le choix d'acteurs occidentaux pour ces rôles n'est pas anodin : il accentue le décalage initial entre les personnages et leur environnement.
Michael Fassbender explique : « Quand on m'a présenté le projet, je voulais comprendre dans quoi je m'embarquais. Est-ce une comédie ? Un film d'horreur ? Un western moderne ? Et puis j'ai décidé de faire confiance à Na Hong-jin. Derrière le genre, il y avait un vrai message : cela parle de l'incompréhension qu'il peut y avoir entre des êtres qui ne sont pas du même monde. Nos actions sont alors guidées par la peur, l'incertitude, l'incompréhension. Le parallèle avec l'accueil réservé aux immigrants n'est pas anodin. »
Un tournage immersif et technique
Le tournage de « Hope » a nécessité l'utilisation de capteurs et de casques pour un habillage numérique en post-production, ainsi qu'un langage inventé inspiré du mongol. Alicia Vikander confie : « C'est assez drôle la manière dont Na Hong-jin a réussi, à travers la métaphore du film, à raconter le comportement humain face à l'inconnu. Il y a toujours un humour particulier dans ce qu'il fait, avec de l'empathie, de la sensibilité. Tout est métaphorique mais cela fonctionne. » Michael Fassbender ajoute : « J'avais déjà tourné dans des conditions similaires dans X-Men. C'est une vraie expérience cinématographique, avec un travail collectif exceptionnel. Sur un tel film, il faut s'engager à 200 % sinon ça ne fonctionne pas. »
Le message derrière l'action
Au-delà du spectacle, « Hope » porte un message universel. Michael Fassbender résume : « Au final, le message du film est simple : que faisons-nous quand on est uniquement guidé par ses émotions ? » Le réalisateur Na Hong-jin, maître dans l'art du genre, parvient à allier divertissement pur et réflexion profonde sur la nature humaine.
Notre avis : 5/5
On ne s'attendait pas du tout à cet objet cinématographique. 2h40 d'adrénaline non-stop dans une petite ville portuaire de la zone démilitarisée. Des cartouches tirées dans tous les sens, des courses-poursuites, des chevauchées avec des kalachnikovs dans une main, les rênes dans l'autre, des forêts verdoyantes avec des arbres titanesques, de vrais moments de comédie, du sang et une menace qui, pendant 45 minutes, ne montre jamais son nez mais ravage tout sur son passage. Et puis, dans le sillage du shérif Beom-seok, on découvre le mal qui ronge le village de Hope : des extraterrestres à la force herculéenne qui sèment le chaos. Ce premier film d'action d'une trilogie annoncée, même s'il détonne en compétition officielle, envoie un braquet conséquent.
Du pur divertissement avec une maîtrise sonore et visuelle réjouissante. C'est aussi pour cela que l'on vient dans une salle obscure : en prendre plein les yeux, se poser 10 000 questions sur ce que l'on vient de voir et avoir envie d'en discuter avec les inconnus autour de nous. Un immense moment de cinéma.



