Philippe Barraud prend les rênes de Pauillac dans un climat de tensions politiques
Dimanche 29 mars, la mairie de Pauillac a connu un changement de garde mouvementé. À 17 heures précises, Florent Fatin, maire sortant, a ouvert la séance d'installation du nouveau conseil municipal en procédant à l'appel des candidats et en annonçant les résultats officiels de l'élection. « Voilà, ma mission s'arrête là, vous êtes désormais des conseillers municipaux », a-t-il déclaré avant de quitter l'estrade, passant le relais à Michel Castera, doyen de l'assemblée, qui a organisé le vote à bulletin secret pour l'élection du maire.
Une élection marquée par un duel serré et des critiques acerbes
Grégoire de Fournas, conseiller du Rassemblement National, a précisé que sa colistière Anne Charry se présentait face à Philippe Barraud. Le scrutin a finalement désigné ce dernier comme premier magistrat de la commune avec 22 voix, contre seulement 7 pour son opposante. Anne Charry a immédiatement pris la parole pour souligner que sa liste n'avait manqué que quelques voix pour l'emporter et pour critiquer vertement le déroulement de la campagne.
« La campagne du premier tour a été un grand moment de démocratie, contrairement au second tour », a-t-elle affirmé. « Il n'y a pas eu de débat entre les deux tours mais un barrage, cela ne constitue pas un projet. Sur quel projet repose votre légitimité monsieur le maire, avec un mandat dont la stabilité est incertaine ? » Elle a néanmoins assuré que son groupe exercerait une opposition constructive au sein de l'assemblée.
Le nouveau maire lance un appel solennel au rassemblement des Pauillacais
Philippe Barraud a répondu en remerciant chaleureusement sa famille, ses amis et l'ensemble des habitants qui l'ont soutenu. Il a exprimé ses regrets quant au ton du débat de l'entre-deux-tours, estimant qu'il avait dégénéré en affrontement stérile. « Je regrette que la population pauillacaise soit fracturée. Nous devons arrêter de nous opposer, mettons toutes nos forces dans la bataille, au sein du conseil municipal, au sein des commissions », a-t-il plaidé avec conviction.
Il a poursuivi en garantissant que « les voix de chacun seront entendues et respectées » et a fermement assuré qu'il serait « le maire de tous les Pauillacais », sans distinction politique. Cet appel à l'apaisement et à la collaboration a constitué le cœur de son discours d'investiture.
La désignation des adjoints et des questions financières au cœur des débats
La séance s'est poursuivie par la désignation des huit adjoints au maire, dont la liste a été adoptée par 22 voix pour et 7 bulletins blancs. Les élus sont, dans l'ordre :
- Dominique Fouin
- Patricia Ostins
- Vincent Sellé
- Danièle Mérian
- Bruno Martin
- Corinne Pougnault
- Didier Pontet
- Élodie Tauzier
Les discussions ont ensuite porté sur les indemnités attribuées au maire, à ses adjoints et aux conseillers délégués, suscitant des interrogations de la part de Grégoire de Fournas. Le conseiller RN a notamment demandé la suppression de la délégation n°1, qui autorisait le maire à contracter un emprunt pouvant atteindre 2 millions d'euros.
Philippe Barraud a répondu que cette question serait réexaminée lors d'un futur conseil municipal, mais s'est engagé, dans l'immédiat, à ne pas recourir à un tel emprunt. Cet échange illustre les tensions persistantes et les défis de gouvernance qui attendent la nouvelle équipe municipale, tiraillée entre la volonté d'unité affichée et les réalités politiques d'une assemblée divisée.



