Un scrutin décisif pour la Communauté de communes Chalosse Tursan
Samedi 4 avril 2026, à la Rotonde d'Hagetmau, se tiendra l'élection du président ou de la présidente de la Communauté de communes Chalosse Tursan. Cette collectivité XXL, qui regroupe pas moins de 50 communes dans les Landes, prépare un vote qui pourrait s'avérer déterminant pour son avenir. Les observateurs politiques anticipent un scrutin moins mouvementé que par le passé, mais les stratégies des candidats et les alliances en coulisse pourraient réserver des surprises.
Les candidats en lice pour la présidence
Pascale Requenna, maire MoDem d'Hagetmau réélue largement avec 72,68% des voix, apparaît comme la favorite. Forte de sa légitimité acquise lors du mandat précédent, où elle a mené des projets soutenus par une majorité de conseillers, elle se présente avec l'ambition de poursuivre son action. Sa campagne s'est intensifiée ces derniers jours, avec des rencontres ciblées auprès des maires, notamment les 20 nouvellement élus.
Face à elle, Marcel Pruet, maire sans étiquette d'Audignon depuis 2001 et président du Service départemental d'incendie et de secours des Landes, propose une alternative. Réélu sans opposition à la mairie d'Audignon, il a entamé une tournée des communes dès avant le 15 mars pour défendre son projet. Celui-ci repose sur une réforme de la gouvernance, avec un nombre de vice-présidents plus concentré, et une meilleure association des maires aux priorités. « Ce que le dernier mandat a donné ne me convient pas », explique-t-il, déplorant des orientations « trop centrées au bénéfice de certaines communes, et notamment Hagetmau ».
Arnaud Tauzin, maire LR de Saint-Sever réélu pour un troisième mandat avec 53,45% des voix, a quant à lui annoncé qu'il ne serait pas candidat. Il justifie cette décision par ses responsabilités professionnelles, régionales et municipales, affirmant : « Je n'ai jamais fait de la politique un levier de l'ambition individuelle ». Son retrait ouvre la question du report de ses soutiens, notamment les neuf voix de la majorité saint-séverine qui ont voté contre les projets de la majorité communautaire durant le précédent mandat.
Contexte historique et composition du conseil
Les élections précédentes ont été marquées par des résultats serrés. En 2020, Pascale Requenna avait obtenu 35 voix au premier tour, manquant d'une seule voix la majorité absolue, contre 24 pour Marcel Pruet et 12 pour Arnaud Tauzin. Au second tour, seulement neuf voix séparaient la maire d'Hagetmau du maire d'Audignon. En 2017, lors de la création de la communauté de communes issue de la fusion des territoires de Saint-Sever, Hagetmau et Geaune, Marcel Pruet avait été élu avec une voix d'avance sur Serge Lansaman, après un premier tour ex æquo.
Le conseil communautaire comptera désormais 73 membres, un de moins que lors du mandat précédent, en raison de l'évolution démographique. Hagetmau voit son nombre de représentants réduit à 11, tandis que Saint-Sever en conserve 12. Les communes de Haut-Mauco et Samadet disposent chacune de deux conseillers, auxquels s'ajoutent les 46 autres maires, dont 20 sont nouvellement élus. Cette composition renouvelée pourrait influencer les équilibres de pouvoir.
Enjeux et perspectives pour l'avenir
L'élection de samedi 4 avril 2026 dépasse la simple désignation d'un président. Elle engage la gouvernance future de cette vaste intercommunalité landaise. Les débats portent sur la répartition des projets, l'équité entre les communes, et la capacité à fédérer autour d'actions concrètes. Arnaud Tauzin, bien que non candidat, appelle à travailler « dans un collectif exigeant, tourné vers des projets concrets et fédérateurs ».
Les observateurs s'interrogent sur les alliances possibles et le report des voix des absents. La question des neuf conseillers de Saint-Sever, qui ont manifesté leur opposition durant le mandat précédent, pourrait être un élément clé du scrutin. La réponse à cette interrogation pourrait bien constituer la surprise de cette élection, révélant les dynamiques politiques à l'œuvre dans cette collectivité complexe.
Au-delà des personnes, c'est la vision du développement territorial qui est en jeu. Les électeurs devront trancher entre la continuité proposée par Pascale Requenna et le changement porté par Marcel Pruet, dans un contexte où la coopération intercommunale est plus que jamais essentielle pour répondre aux défis locaux.



