Un scrutin municipal sous tension à Cambo-les-Bains
La commune de Cambo-les-Bains, située dans le Pays basque, a connu un scrutin municipal particulièrement animé dimanche soir. L'élection a mis en lumière des rivalités politiques exacerbées, notamment entre le maire sortant et son ancien allié. Les résultats ont finalement consacré la victoire de Peio Etxeleku, candidat du Parti Nationaliste Basque (PNB), qui a recueilli 46,55% des suffrages exprimés.
Un duel serré et des scores significatifs
Face à lui, Christian Devèze, le maire sortant issu du Mouvement Démocrate (Modem), a obtenu 33,75% des voix. La candidate de la gauche abertzale, Argitxu Hiriart-Urruty, représentant la coalition EH Bai, a rassemblé 19,70% des suffrages. Cette répartition des votes illustre une fragmentation politique notable au sein de l'électorat camboard.
Le scrutin marque l'épilogue d'un mandat municipal particulièrement tendu, caractérisé par des dissensions internes et des débats houleux. La défiance entre les principaux protagonistes, Peio Etxeleku et Christian Devèze, a largement dominé la campagne électorale, créant un climat de confrontation qui a vampirisé les discussions publiques.
Le projet Marienia, point de fracture politique
Un des dossiers les plus controversés ayant alimenté les tensions est le projet immobilier Marienia. Ce projet privé prévoyait la construction de 94 logements, dont 50% de logements sociaux. Il a cristallisé les oppositions et dessiné une ligne de fracture claire entre les candidats.
Argitxu Hiriart-Urruty et Peio Etxeleku se sont fermement opposés à ce projet, invoquant la nécessité de préserver les terres agricoles locales. À l'inverse, Christian Devèze a soutenu le projet, arguant de l'obligation de mise en conformité avec la loi SRU, qui exige un minimum de 25% de logements sociaux dans les communes concernées.
C'est précisément sur ce sujet que Peio Etxeleku a décidé de quitter la majorité municipale de Christian Devèze, actant une rupture politique majeure. Cette divergence a été un élément central de la campagne, symbolisant les clivages profonds qui traversent la vie politique locale.
Des réactions contrastées après l'annonce des résultats
Christian Devèze a accueilli sa défaite avec une certaine philosophie, déclarant : « Je suis au service de cette ville depuis 1995. Vous avez raison, il était temps que je parte. Je le fais avec beaucoup d'émotion. » Il a confié ressentir « un pincement au cœur » à l'idée de quitter ses fonctions, tout en appelant à l'apaisement après une campagne électorale mouvementée.
De son côté, Argitxu Hiriart-Urruty a adopté un ton beaucoup plus critique envers le vainqueur. Elle a fustigé Peio Etxeleku, l'accusant d'avoir rejoint tardivement l'opposition au projet Marienia et d'avoir « récolté les fruits de notre travail, mené sans relâche depuis douze ans sur ce dossier. » Elle a également dénoncé ce qu'elle qualifie de « sourires de connivence » et de « pseudo complicité » de la part du nouvel élu.
Malgré les tensions, Peio Etxeleku a tenté de tendre une main conciliante à ses concurrents. Il les a invités à se joindre à lui pour sa première sortie officielle en tant que premier édile, à l'occasion du passage de la Korrika, un relais géant à travers le Pays basque pour la défense de la langue basque. « Je vous invite à porter ensemble le témoin », a-t-il proposé, dans un geste symbolique de rassemblement.
Toutefois, cette invitation semble peu susceptible d'aboutir, au vu des animosités exprimées durant la campagne. La commune de Cambo-les-Bains, qui compte actuellement moins de 9% de logements sociaux, devra désormais naviguer sous une nouvelle direction, avec le défi de réconcilier des factions politiques profondément divisées.



