Une proche collaboratrice du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a suscité une vive controverse en plaidant publiquement pour le rétablissement de la peine de mort en France. Ses déclarations, rapportées le 25 juin 2025 par Libération, ont choqué jusqu'aux membres de son propre camp politique, les « retaillistes ».
Des propos chocs qui divisent
Selon les informations de Libération, cette conseillère, dont l'identité n'a pas été révélée, a tenu ces propos lors d'une réunion interne. Elle aurait affirmé que la peine capitale était une « réponse nécessaire » face à certains crimes, remettant en cause l'abolition de 1981. Ces déclarations ont immédiatement provoqué un tollé, y compris au sein de la majorité présidentielle.
Un proche de Retailleau, cité par le journal, a confié : « Ces propos sont inacceptables. Bruno Retailleau a toujours été clair sur son opposition à la peine de mort. Cela ne correspond pas à sa ligne. »
Une position contraire à la ligne officielle
Bruno Retailleau, connu pour ses positions fermes en matière de sécurité, s'est toujours déclaré opposé à la peine de mort. En 2023, il avait rappelé dans une interview au Figaro que « la France a fait le choix de l'abolition, et c'est une position définitive ». Sa collaboratrice semble donc avoir pris une position contraire à celle de son ministre.
Interrogé par Libération, le cabinet de Bruno Retailleau a tenté de minimiser l'incident : « Il s'agit de propos personnels qui n'engagent que leur auteur. Le ministre réaffirme son attachement à l'abolition. »
Des réactions indignées dans la classe politique
La polémique a rapidement enflé sur les réseaux sociaux et dans les médias. Des députés de gauche ont dénoncé des « propos indignes de la République ». La secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, a tweeté : « La peine de mort est une barbarie. Que des proches du ministre de l'Intérieur puissent la défendre est une honte. »
Même au sein de la droite, les critiques se sont élevées. Un sénateur LR, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Cela dessert notre camp. Nous devons être irréprochables sur les valeurs républicaines. »
Un contexte sensible pour le gouvernement
Cette affaire intervient alors que le gouvernement fait face à des critiques sur sa politique sécuritaire. Bruno Retailleau, souvent perçu comme un ministre dur, doit gérer cette controverse qui pourrait affaiblir sa position. Selon un sondage Ifop réalisé en mai 2025, 52 % des Français se disent favorables au rétablissement de la peine de mort, un chiffre en hausse depuis les attentats de 2023.
La collaboratrice en question n'a pas encore fait de déclaration publique. Il est possible qu'elle soit écartée du cabinet pour apaiser la situation.



