Rennes : la campagne municipale 2026 sous le choc de tags menaçants et d'appels à la haine
Le slogan « Vivre en intelligence » de la capitale bretonne semble bien loin face au climat tendu qui entoure déjà la campagne des élections municipales de 2026. Depuis plusieurs jours, une polémique enfle autour de tags hostiles et menaçants qui fleurissent sur les murs de la ville, visant à la fois des candidats politiques et les forces de l'ordre.
Des menaces de mort explicites contre des militants insoumis
Mercredi soir, Marie Mesmeur, tête de liste de La France insoumise à Rennes, a dénoncé avec vigueur des inscriptions découvertes sur le campus de l'université Rennes-2. Parmi elles, la mention « Justice pour Quentin », en réaction à la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d'une rixe à Lyon. Mais ce sont surtout les inscriptions accompagnant ce message qui ont alerté la députée LFI.
« À côté de ces inscriptions, figuraient les noms de plusieurs militants antifas avec la phrase 'Vous êtes les prochains' », a expliqué Marie Mesmeur. Selon elle, les noms de deux insoumis rennais investis dans la campagne municipale y étaient clairement inscrits. « Ces faits constituent des menaces de mort explicites et doivent être pris avec le plus grand sérieux au regard du climat politique actuel », a-t-elle insisté, soulignant que plusieurs membres de son mouvement avaient déjà subi des menaces.
Un tag anti-police qui provoque l'indignation du syndicat Alliance
À l'autre bout de l'échiquier politique, c'est le syndicat Alliance Police nationale qui s'indigne. Sur le boulevard Émile-Combes, dans le quartier sud gare, un imposant tag montre des policiers brûlant leur propre voiture à la broche avec l'inscription « All cops, all BBQ » (tous les policiers au barbecue).
Le syndicat a immédiatement réagi par un communiqué virulent : « Ce n'est pas de l'art. Ce n'est pas de l'humour. C'est un appel explicite à la haine contre les policiers ». Alliance Police nationale exige un retrait immédiat de ce graffiti et annonce des poursuites judiciaires, affirmant : « Nous ne laisserons jamais banaliser les appels à s'en prendre aux policiers ».
Les réactions politiques et judiciaires s'accélèrent
Face à cette escalade, les réactions politiques se multiplient. Charles Compagnon, candidat de la droite et du centre, a annoncé avoir saisi le procureur de la République concernant le tag anti-police. Il demande également à la maire sortante d'effacer ce graffiti le plus rapidement possible.
La situation révèle une tension préoccupante à moins d'un an des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Ces incidents interviennent dans un contexte national déjà marqué par des violences politiques, et risquent d'empoisonner durablement le débat démocratique rennais.
Les autorités locales et les forces de l'ordre sont désormais sous pression pour identifier les auteurs de ces tags et prévenir de nouvelles dégradations, tandis que les candidats de tous bords appellent au respect et à l'apaisement.



