La Relève de Sarlat anticipe son rôle d'opposition après le second tour
Dès le mardi 17 mars, les affiches étaient déjà imprimées et prêtes à être collées. On pouvait y lire : « Une opposition sur laquelle vous pourrez compter ». Dans les rangs de Sarlat 2026 La Relève, la liste de gauche et écologique qui a obtenu 13,29% des voix au premier tour des élections municipales, on agit comme si le second tour était déjà joué. L'équipe de Luis Ferreyra a d'ores et déjà fixé son cap pour l'après-scrutin du 22 mars : siéger en force dans l'opposition, tant au Conseil municipal qu'à la Communauté de communes Sarlat-Périgord noir.
Un ancrage clair face à la droite de Basile Fanier
Le tract d'entre-deux-tours de La Relève ne laisse planer aucun doute sur sa position future. La liste écologiste annonce son futur ancrage sur les bancs d'une opposition résolue face à Basile Fanier, arrivé en tête au premier tour avec 47,63% des suffrages. Pour Luis Ferreyra et son équipe, le candidat gaulliste incarne une droite qui ne rompra pas « avec le démantèlement des services publics et des droits sociaux ».
Le porte-parole de La Relève identifie trois marqueurs dans le projet de Fanier : « choix de l'austérité, réticence à construire des logements sociaux, discours sécuritaire ». Un constat d'autant plus amer que, selon Ferreyra, le candidat de droite a réussi à séduire une partie de l'électorat de gauche. La Relève lance donc un clin d'œil aux électeurs « humanistes » de Franck Duval pour souligner l'enjeu capital de ce second tour : obtenir le maximum d'élus pour constituer une opposition solide et constructive.
Aucune alliance possible avec Fabienne Lagoubie
Le futur groupe politique de La Relève se distinguera nettement de celui de Fabienne Lagoubie, candidate Place publique. Aucune alliance n'a été rendue possible entre les deux formations de gauche. Si la candidate a échangé quelques mots avec Luis Ferreyra lors du dépouillement du 15 mars, la discussion n'a pas dépassé le stade des formalités. « Elle nous a posé une question et nous avons répondu qu'on allait combattre la droite », résume sobrement le responsable de La Relève.
Les négociations entre les deux listes divers gauche étaient vouées à l'échec pour deux raisons principales. D'abord, la liste de Fabienne Lagoubie était perçue comme trop proche de la majorité municipale sortante. Ensuite, elle n'était pas considérée comme une liste pleinement de gauche par les militants de La Relève, qui lui reprochent son positionnement « macronien et de gauche et de droite ».
« Victime de sa propre stratégie »
Luis Ferreyra analyse avec recul la situation de la première adjointe sortante. « Collectivement, nous avions pris la décision de nous maintenir », explique-t-il, estimant que Fabienne Lagoubie a été « victime de sa propre stratégie ». Pourtant, il tient à préciser que sa liste n'a pas spécifiquement ciblé Aujourd'hui et demain pendant la campagne : « Nous avons à chaque fois critiqué les trois candidats de droite ».
En attendant les résultats du dimanche 22 mars, toute la gauche de Sarlat retient son souffle. La dernière victoire aux municipales remonte à 1983, et l'espoir d'une reconquête anime les militants. Mais pour La Relève, quel que soit le résultat final, une chose est certaine : ils seront présents dans l'opposition, déterminés à faire entendre une voix écologiste et sociale au sein des instances décisionnelles locales.



