Depuis le début de la présidence d'Emmanuel Macron en 2017, les salaires des fonctionnaires sont devenus un point de cristallisation des tensions sociales. Le gel du point d'indice, qui sert de base au calcul des rémunérations, a été l'un des symboles de cette politique d'austérité budgétaire.
Un gel du point d'indice contesté
Le point d'indice, qui n'a pas été revalorisé depuis 2017, a vu son pouvoir d'achat s'éroder avec l'inflation. Selon la CFDT, cela représente une perte de près de 10 % du salaire réel pour les fonctionnaires sur la période. Les syndicats dénoncent une politique qui sacrifie les agents publics sur l'autel des économies budgétaires.
« Le gouvernement a fait le choix de ne pas augmenter le point d'indice, ce qui a permis de réaliser des économies, mais au prix d'une dégradation des conditions de vie des fonctionnaires », a déclaré Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonction publique.
Des réformes qui alimentent la colère
Outre le gel du point d'indice, plusieurs réformes ont contribué à exacerber les tensions. La réforme des retraites, qui prévoit un allongement de la durée de cotisation, a été particulièrement mal accueillie. De même, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat a suscité l'inquiétude.
« On nous demande de faire plus avec moins, c'est intenable », témoigne un enseignant du secondaire. Selon un sondage Ifop réalisé en 2025, 68 % des fonctionnaires estiment que leur pouvoir d'achat a baissé depuis 2017.
Un impact sur le service public
La dégradation des conditions de travail et des rémunérations a des conséquences sur le service public. Les difficultés de recrutement se multiplient, notamment dans l'Éducation nationale et la santé. « Nous avons des postes vacants qui ne trouvent pas preneurs, car les salaires ne sont plus attractifs », explique un responsable RH d'un hôpital public.
Le gouvernement a tenté d'apaiser les tensions en annonçant des mesures ciblées, comme la revalorisation de certaines primes ou l'augmentation du point d'indice pour les bas salaires. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les syndicats.
Vers une sortie de crise ?
Alors que la présidentielle de 2027 se profile, la question des salaires des fonctionnaires risque de rester un enjeu majeur. Les candidats de tous bords multiplient les promesses, mais les marges de manœuvre budgétaires sont limitées. « Il faudra un geste fort pour rétablir la confiance », estime un expert des politiques publiques.



