Saint-Denis : le maire LFI Bally Bagayoko désarme la police municipale, 90 agents demandent leur mutation
Saint-Denis : désarmement policier LFI, 90 agents veulent partir

Saint-Denis : la décision de désarmement de la police municipale par le maire LFI provoque une crise

L'élection de Bally Bagayoko, premier maire de La France Insoumise à la tête d'une commune de plus de 100 000 habitants, a immédiatement placé Saint-Denis sous les projecteurs nationaux. Dès son installation, le nouvel édile a annoncé une mesure phare : le désarmement progressif de la police municipale, spécifiquement concernant les lanceurs de balles de défense (LBD). Cette décision, présentée comme une évolution vers une police de proximité maintenue en effectifs, a déclenché une onde de choc au sein des services municipaux.

Une vague de mutations et des réactions politiques vives

Selon une source au sein de l'ancienne administration, pas moins de 90 demandes de mutation ont été déposées par les agents de la police municipale en réaction à cette annonce. Cette ville de 150 000 habitants, dotée d'une police municipale de 160 agents et de 850 caméras de vidéosurveillance, voit ainsi son dispositif de sécurité remis en question.

Le Rassemblement National a rapidement saisi l'occasion pour positionner ses communes comme « terres d'asile » pour ces policiers. Jordan Bardella, président du RN, a lancé un appel sur les réseaux sociaux, tandis qu'Éric Ciotti, maire de Nice, a affirmé recevoir des premières candidatures et encouragé les agents à le rejoindre, qualifiant la décision de désarmement d'« irresponsable ».

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Le rappel à l'ordre du ministre et la défense du maire

Face à cette polémique, le ministre de l'Intérieur a rappelé que l'armement de la police municipale relève de la compétence du maire, tout en soulignant que les armes constituent un élément de protection et de dissuasion pour les agents. Parallèlement, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a adressé un courrier à Bally Bagayoko pour mettre en garde contre toute mobilité forcée d'agents pour des motifs politiques. Il a insisté sur le fait que de telles décisions pourraient être illégales et relevées du harcèlement moral.

Le maire de Saint-Denis, de son côté, a tempéré les craintes en déclarant : « Bally Bagayoko, il ne fait ni la chasse à l'homme, ni la chasse à la femme ». Il a expliqué que les départs seraient naturels et liés à des désaccords avec le projet politique, sans pression de sa part.

Une victoire électorale entachée par la désinformation

L'élection de Bally Bagayoko, né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, a également été marquée par une vague de propos racistes et de désinformation sur les réseaux sociaux. Des citations inventées, comme celle le faisant qualifier Saint-Denis de « ville des Noirs », ont circulé, alors qu'il avait en réalité déclaré : « Saint-Denis est la ville des rois et du peuple vivant ». La passation de pouvoir a été houleuse, avec des sifflets et des huées de l'ancienne majorité, illustrant les tensions politiques locales.

Cette affaire dépasse le cadre de Saint-Denis, suscitant des débats similaires dans d'autres villes comme Montpellier et Bagnols, où des projets de désarmement policier sont également discutés. Elle révèle les fractures au sein de la gauche et les enjeux de sécurité à l'approche des futures échéances nationales.

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