Johanna Rolland réélue à Nantes grâce à une alliance controversée avec LFI
Rolland réélue à Nantes avec alliance LFI, victoire serrée

Victoire historique mais contestée pour Johanna Rolland à Nantes

Le pari politique de Johanna Rolland s'est révélé payant, mais au prix de vives tensions internes. En faisant appel au soutien de La France Insoumise (LFI) entre les deux tours, la maire sortante socialiste a réussi à conserver la mairie de Nantes pour un troisième mandat consécutif, avec 52,18% des suffrages exprimés contre 47,82% pour son adversaire de droite. La participation s'est établie à 62,64%, témoignant de l'intensité de ce scrutin municipal.

Une victoire obtenue de justesse après un premier tour serré

La situation était pourtant précaire pour Johanna Rolland après le premier tour, où elle n'avait recueilli que 35,24% des voix, devançant à peine son principal concurrent, le candidat Les Républicains Foulques Chombart de la Lauwe (33,77%). Cet écart de seulement 1,47 point, soit 1 784 bulletins d'avance, contrastait fortement avec ses précédentes élections où elle disposait d'avantages confortables dès le premier tour : 11,4 points en 2020 et 9,3 points en 2014 face à Laurence Garnier, alors cheffe de file de la droite nantaise.

« Oui nous avons eu peur, nous avons tremblé », a reconnu la maire réélue devant ses partisans rassemblés sous un chapiteau dans la cour de la mairie. « Face au risque de triangulaire, j'assume, je ne regrette pas le choix qui a été le mien : la fusion démocratique », a-t-elle déclaré, faisant référence à son alliance avec LFI.

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L'alliance avec LFI : un « accord de la honte » selon l'opposition

La stratégie de Johanna Rolland a consisté à intégrer dix membres de La France Insoumise dans son équipe, après que la liste menée par William Aucant eut obtenu 11,20% au premier tour le 15 mars. Cette décision est allée à l'encontre des directives nationales du Parti Socialiste, dont elle occupe pourtant la position de numéro deux.

Foulques Chombart de la Lauwe a qualifié cet arrangement d'« accord de la honte », soulignant qu'il avait, quant à lui, refusé toute alliance possible avec le Rassemblement national, qui avait recueilli 4,57% des voix au premier tour. « Madame Rolland, vous n'êtes pas débarrassée de moi… Nos prochains conseils vont être houleux », a-t-il promis après la proclamation des résultats.

Des réactions mitigées au sein même du camp socialiste

Cette alliance avec LFI n'a pas été unanimement saluée dans les rangs socialistes. Bassem Asseh, premier adjoint et fidèle lieutenant de Johanna Rolland, a claqué la porte de la campagne dès que l'accord a été scellé, marquant une fracture visible au sein de l'équipe municipale.

Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et Premier ministre, traditionnellement loquace, s'était quant à lui tenu à l'écart des médias jusqu'au dénouement final. Après avoir exprimé sa satisfaction de voir « Nantes rester à gauche », il a nuancé son enthousiasme en déclarant : « Le message du premier tour devra être entendu », suggérant que la leçon de ce scrutin serré ne devrait pas être oubliée de sitôt.

Cette réélection marque ainsi la continuité de la gestion socialiste de Nantes, initiée en 1989 avec l'élection de Jean-Marc Ayrault, mais elle s'accompagne d'une recomposition des alliances politiques locales et de défis internes significatifs pour la nouvelle mandature.

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