Le RN à nouveau soupçonné par le Parlement européen
RN soupçonné par le Parlement européen

Le Rassemblement national (RN) est à nouveau dans le viseur du Parlement européen. Selon une information de Libération publiée ce 5 juillet 2026, l'institution soupçonne le parti d'avoir favorisé des membres ou proches du Groupe Union Défense (GUD), un groupe d'extrême droite connu pour ses positions radicales, dans l'attribution de postes d'assistants parlementaires.

Une enquête interne ouverte

Le Parlement européen a ouvert une enquête interne après avoir constaté des anomalies dans les contrats de plusieurs assistants parlementaires liés au RN. Les faits remonteraient à la période 2019-2024, lorsque le parti disposait d'un groupe important au sein de l'hémicycle. Selon des sources proches du dossier, au moins six assistants auraient été recrutés via des liens avec le GUD, sans respecter les procédures standard de recrutement.

Cette affaire intervient alors que le RN avait déjà été condamné par la justice française en 2024 pour des faits similaires de détournement de fonds publics européens. Le parti avait alors été reconnu coupable d'avoir utilisé des fonds alloués aux assistants parlementaires pour financer des activités nationales, une pratique interdite par le règlement européen.

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Des liens présumés avec le GUD

Le GUD, fondé en 1968, est un groupe étudiant d'extrême droite souvent associé à des actions violentes. Bien que le RN ait toujours nié toute affiliation officielle, plusieurs cadres du parti entretiendraient des relations étroites avec ses membres. L'enquête du Parlement européen vise à déterminer si ces liens ont influencé les recrutements.

« Nous avons des preuves que des personnes proches du GUD ont été embauchées sans passer par les canaux habituels, ce qui soulève des questions sur l'utilisation des fonds publics », a déclaré un porte-parole du Parlement européen, cité par Libération. Selon lui, l'enquête pourrait aboutir à des sanctions financières ou à une exclusion temporaire du RN des instances parlementaires.

Le RN dénonce une « chasse aux sorcières »

De son côté, le RN a vivement réagi en dénonçant une « chasse aux sorcières » orchestrée par les institutions européennes. Marine Le Pen, présidente du parti, a qualifié ces accusations de « infondées » et de « motivées politiquement ». « Nous avons toujours respecté les règles européennes et nous nous défendrons vigoureusement contre ces allégations », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Le parti a également annoncé qu'il allait saisir la justice européenne pour contester la procédure, estimant que le Parlement outrepassait ses prérogatives. Cette nouvelle affaire pourrait toutefois fragiliser le RN à l'approche des élections européennes de 2029, où il espère conforter sa position de premier parti d'opposition.

Un précédent judiciaire

En 2024, le RN avait déjà été condamné à rembourser plus de 2 millions d'euros au Parlement européen pour des emplois fictifs d'assistants. Cette nouvelle enquête pourrait aggraver la situation financière du parti, déjà endetté. Selon un expert en droit européen interrogé par Libération, « si les soupçons se confirment, le RN pourrait être contraint de rembourser des sommes supplémentaires et pourrait perdre son accès à certains financements publics ».

L'enquête est en cours et devrait durer plusieurs mois. Le Parlement européen n'a pas encore communiqué de calendrier précis pour ses conclusions.

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