Le 5 juin 2022, Monique Barbut, candidate Les Républicains (LR) dans la 3e circonscription de la Drôme, annonçait son retrait de la campagne législative. Un revirement spectaculaire après des propos jugés antisémites et complotistes tenus lors d'un meeting. Retour sur les coulisses de cet épisode rocambolesque.
Des propos qui font scandale
Lors d'une réunion publique à Dieulefit le 1er juin, Monique Barbut, 63 ans, déclare : « On est chez les fadas, on est chez les fous, on est chez les gens qui veulent nous imposer le grand remplacement. » Ces propos, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, provoquent une onde de choc au sein de LR et au-delà. Le parti condamne fermement ces déclarations et demande son retrait immédiat.
Selon une source interne au parti, « les instances nationales ont été alertées dans la foulée. Il était impensable de laisser cette candidature en l'état. »
Un retrait sous pression
Pendant 48 heures, Monique Barbut résiste. Elle affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et refuse de jeter l'éponge. Mais la pression monte. Le 3 juin, le président de LR, Christian Jacob, lui adresse une lettre lui demandant de se retirer. Le 4 juin, c'est au tour du député sortant de la circonscription, Jean-Michel Ferrand, de la désavouer publiquement.
Finalement, le 5 juin, Monique Barbut annonce son retrait dans un communiqué laconique : « Je prends acte des demandes de retrait et je me retire de la campagne. » Un revirement qualifié d'« invraisemblable » par plusieurs observateurs.
Les conséquences pour LR
Ce retrait intervient à une semaine du premier tour des législatives. La circonscription, considérée comme gagnable pour la droite, se retrouve sans candidat LR officiel. Les électeurs devront se reporter sur le candidat divers droite, Jean-Pierre Bompard, ou sur le candidat de la majorité présidentielle.
Pour LR, cet épisode est un camouflet. Le parti tente de limiter les dégâts en rappelant son attachement aux valeurs républicaines. « Nous ne tolérons aucune dérive », déclare un porte-parole.
Monique Barbut, de son côté, n'a plus fait de déclaration depuis son retrait. Elle reste silencieuse, laissant planer le doute sur ses véritables motivations.



