Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, multiplie les efforts pour convaincre David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France (AMF), de le rejoindre dans la course à la présidentielle de 2027. Selon des sources proches des deux hommes, Retailleau voit en Lisnard un allié potentiel pour rassembler la droite face à la concurrence d'Emmanuel Macron et du Rassemblement national.
Un rapprochement stratégique
Retailleau, qui a officialisé sa candidature à l'investiture LR pour 2027, tente de séduire Lisnard, lui-même pressenti comme possible candidat. Les deux hommes ont échangé à plusieurs reprises ces dernières semaines, mais Lisnard reste prudent. Il exigerait des garanties sur la ligne politique du parti, notamment sur les questions d'immigration et de sécurité.
Selon un cadre LR, « Retailleau veut éviter une dispersion des voix à droite. Lisnard pourrait apporter une crédibilité locale et une image de rassembleur ». Cependant, Lisnard a toujours affirmé vouloir « incarner une droite décomplexée, mais pas extrême ».
Des divergences persistantes
Malgré les tentatives de Retailleau, des divergences subsistent. Lisnard est perçu comme plus libéral sur le plan économique, tandis que Retailleau insiste sur les valeurs identitaires. Un proche de Lisnard confie : « David n'est pas un homme d'appareil. Il ne se laissera pas instrumentaliser. »
Le maire de Cannes a également des ambitions nationales : il a lancé en 2023 son mouvement « Nouvelle Énergie », qui pourrait faire concurrence à LR. Selon un sondage Ifop de février 2025, Lisnard recueille 8 % d'intentions de vote au premier tour, contre 12 % pour Retailleau.
Un enjeu pour l'avenir de LR
Cette tentative de rapprochement intervient alors que LR cherche à se relancer après des scores électoraux en baisse. En 2022, la candidate LR Valérie Pécresse n'avait obtenu que 4,78 % à la présidentielle. Retailleau espère que l'union avec Lisnard permettrait de dépasser les 15 %.
« L'objectif est de présenter un candidat unique dès le premier tour pour peser dans le duel Macron-Le Pen », analyse un politologue. Mais Lisnard reste exigeant : il veut des primaires ouvertes et une ligne claire sur la laïcité.



