Le Parti socialiste (PS) s'apprête à vivre un week-end décisif. Samedi 10 et dimanche 11 juillet, les militants sont appelés aux urnes pour désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle de 2027. Ce scrutin interne, très attendu, oppose plusieurs candidats, dont le premier secrétaire Olivier Faure, et pourrait redéfinir l'avenir du courant social-démocrate en France.
Un vote sous haute tension
Plus de 40 000 adhérents du PS sont invités à voter dans les sections locales ou par correspondance. Selon les estimations, le taux de participation pourrait atteindre 60 %, un niveau élevé pour ce type de consultation. L'enjeu est de taille : le parti, qui a connu une érosion électorale constante depuis 2017, cherche à rebondir en présentant une candidature crédible face à la majorité présidentielle et à l'extrême droite.
Olivier Faure, en poste depuis 2018, fait face à la maire de Paris Anne Hidalgo, au député des Alpes-Maritimes Jean-Christophe Cambadélis et à l'ancien ministre Stéphane Le Foll. Chacun incarne une sensibilité différente au sein du parti, de l'aile gauche à la ligne plus modérée.
Les enjeux pour Olivier Faure
Pour Olivier Faure, ce vote est un test personnel. En cas de défaite, il pourrait être contraint de quitter la tête du parti. « Ce scrutin n'est pas seulement un choix de candidat, c'est un choix de cap pour le socialisme français », a-t-il déclaré lors d'un meeting à Lille. « Nous devons incarner une alternative claire, ni macroniste ni lepéniste. »
Les sondages internes donnent Faure en tête avec environ 35 % des intentions de vote, suivi de Hidalgo (28 %) et Cambadélis (20 %). Cependant, l'incertitude persiste, car une partie des militants pourrait se reporter sur un candidat de compromis.
Une campagne marquée par les divisions
La campagne interne a été émaillée de tensions. Les débats télévisés ont révélé des divergences profondes sur des sujets comme la laïcité, la politique économique et l'Union européenne. Anne Hidalgo a notamment critiqué la ligne d'Olivier Faure, jugée trop à gauche, tandis que Cambadélis prône un retour à un socialisme plus gestionnaire.
Selon un sondage Ifop publié le 7 juillet, 45 % des sympathisants socialistes estiment que le parti doit s'unir derrière un seul candidat dès le premier tour. « Les divisions affaiblissent notre crédibilité », a commenté un cadre du parti sous couvert d'anonymat.
Les conséquences pour la présidentielle
Le vainqueur de cette primaire devra ensuite convaincre au-delà du parti pour espérer atteindre le second tour de la présidentielle. Avec une moyenne de 8 % dans les sondages nationaux, le candidat socialiste part loin derrière Emmanuel Macron (25 %) et Marine Le Pen (22 %).
Pour le politologue Pascal Delwit, de l'Université libre de Bruxelles, « le PS joue sa survie. S'il ne parvient pas à rassembler la gauche, il risque de disparaître du paysage politique comme en Italie ou en Grèce. »
Un processus sous surveillance
Le vote est organisé de manière sécurisée avec un fichier des adhérents vérifié. Des observateurs internes veilleront au bon déroulement du scrutin. Les résultats sont attendus dimanche soir à 20 heures.
Quel que soit le résultat, ce week-end marquera un tournant pour le PS et pour la social-démocratie française, à moins de deux ans de l'échéance présidentielle.



