Alors que la France a déjà connu trois canicules depuis le début de l'été 2026, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du Haut conseil pour le climat (HCC) et ex-présidente du Giec, dresse un constat sévère dans un entretien publié le 9 juillet. « Notre société a été pensée pour un climat qui n’existe plus », affirme-t-elle, en réaction au discours d'Emmanuel Macron qui vantait fin juin un « gros travail » d'adaptation.
Un rapport annuel alarmant du HCC
Le rapport annuel du HCC, rendu public le même jour, contredit directement le président. Il y est écrit que « l’adaptation mise en œuvre actuellement en France est insuffisante pour contenir l’augmentation rapide des risques climatiques ». L'organisme presse le gouvernement d'accélérer et d'amplifier ses actions. Valérie Masson-Delmotte souligne que le chantier sera « ardu ».
Un été 2026 déjà marqué par l'extrême
Interrogée sur ce début d'été, la climatologue rappelle que l'été caniculaire de 2022 avait « marqué la fin de l’insouciance ». La vague de chaleur de fin juin 2026, « particulièrement précoce, longue et intense », l'a profondément marquée. Elle estime que les épisodes actuels sont un signal fort de l'urgence à repenser l'ensemble de nos infrastructures et de nos modes de vie.
Selon le HCC, les températures moyennes en France ont déjà augmenté de +1,7 °C par rapport à l'ère préindustrielle, contre +1,1 °C à l'échelle mondiale. Cette différence expose le pays à des canicules plus fréquentes et plus sévères. « Nous ne pouvons plus nous contenter de mesures ponctuelles », insiste Masson-Delmotte.
Les leçons politiques des canicules
Pour la scientifique, l'adaptation ne peut se limiter à des gestes individuels ou à des campagnes de communication. Elle appelle à une transformation profonde de l'urbanisme, de l'agriculture, du système de santé et de la gestion de l'eau. « Il faut planter des arbres en ville, végétaliser les cours d'école, repenser l'isolation des bâtiments, et surtout, réduire nos émissions de gaz à effet de serre », énumère-t-elle.
Le HCC recommande notamment de tripler le rythme de rénovation énergétique des logements et de multiplier par cinq les investissements dans les infrastructures de rafraîchissement urbain d'ici 2030. « Le temps des demi-mesures est révolu », conclut Masson-Delmotte.



