Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, explore la possibilité de créer une coalition de droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2027, dans l'optique de former une « UMP 2.0 ». Selon des sources proches du maire du Havre, cette initiative vise à rassembler les différentes sensibilités de la droite républicaine et du centre, en s'inspirant du modèle de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) qui avait dominé la vie politique française dans les années 2000.
Un projet de rassemblement ambitieux
L'idée est de créer une structure politique large, capable de fédérer Les Républicains (LR), des centristes issus du MoDem ou de l'UDI, ainsi que des personnalités de la société civile. Philippe, qui a quitté le gouvernement en 2020, entend capitaliser sur sa popularité personnelle et son bilan à Matignon pour incarner une alternative crédible face au Rassemblement national et à la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron. Selon un sondage Ifop-Fiducial réalisé en juin 2026, il recueillerait 18 % des intentions de vote au premier tour, derrière Marine Le Pen (28 %) et devant Édouard Philippe (15 %).
Les défis de la construction
Le projet se heurte toutefois à plusieurs obstacles. D'abord, la concurrence interne à droite : Laurent Wauquiez, président de LR, a déjà annoncé sa candidature en 2025. Ensuite, la question du positionnement idéologique : Philippe incarne une droite modérée, pro-européenne et libérale, tandis que certains au sein de LR prônent une ligne plus dure sur l'immigration et la sécurité. « L'objectif est de dépasser les clivages traditionnels pour offrir un projet de gouvernement rassembleur », a confié un conseiller de Philippe au Monde.
Une stratégie de long terme
Pour préparer cette échéance, Édouard Philippe multiplie les déplacements en province et les rencontres avec des élus locaux. Il a également lancé un mouvement politique, « Horizons », en 2021, qui compte aujourd'hui plus de 40 000 adhérents. Selon un proche du maire du Havre, « l'idée est de bâtir une coalition solide, capable de remporter la présidentielle et les législatives de 2027 ». Cependant, des voix s'élèvent pour critiquer cette démarche, accusant Philippe de vouloir « recycler l'UMP », comme le souligne un ancien ministre de LR : « C'est un retour en arrière, pas une innovation politique. »
Les réactions des partenaires potentiels
Du côté du MoDem, François Bayrou se montre prudent. « Nous avons besoin de clarifier notre stratégie d'alliance avant de nous engager », a-t-il déclaré. À l'UDI, Jean-Christophe Lagarde est plus enthousiaste : « Un rassemblement large est indispensable pour éviter la dispersion des voix au centre droit. » En revanche, au Rassemblement national, Marine Le Pen a ironisé sur « les vieilles recettes de la droite molle ».
L'impact sur la présidentielle
Si ce projet aboutit, il pourrait redessiner le paysage politique français. Une coalition Philippe-centre-droite pourrait attirer des électeurs modérés déçus par Emmanuel Macron, mais aussi des déçus de LR. Selon un politologue interrogé par Le Monde, « cela pourrait créer un bloc central fort, mais aussi renforcer la polarisation entre extrêmes ». À 18 mois du scrutin, Édouard Philippe semble déterminé à jouer un rôle clé, quitte à bousculer les équilibres traditionnels.



