Yannick Jadot, ancien candidat écologiste à la présidentielle, a officialisé ce jeudi 19 août 2026 la création d'un nouveau mouvement politique baptisé « Rassembler la social-écologie ». Cette initiative, présentée comme un pôle d'union de la gauche, acte une rupture définitive avec La France insoumise (LFI) et vise à fédérer les forces sociales, écologistes et républicaines en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Un constat d'échec de l'union à gauche
Dans un entretien accordé au Monde, Yannick Jadot a justifié cette décision par l'impossibilité de construire un projet commun avec LFI. « Nous avons essayé pendant cinq ans de bâtir une union. Mais les divergences sont devenues trop profondes, notamment sur la conception de la République, la laïcité, l'Europe ou la démocratie interne », a-t-il déclaré. Selon lui, la stratégie de LFI, fondée sur un rapport de force permanent et une radicalité verbale, ne permet pas de rassembler une majorité pour gouverner. Il a estimé que « la social-écologie ne peut pas être une annexe de LFI ».
L'ancien député européen a également déploré le refus de LFI de participer à une primaire ouverte à gauche. « Nous avons proposé à plusieurs reprises une procédure transparente pour désigner un candidat commun. Cela a été systématiquement rejeté », a-t-il affirmé. Ce constat d'échec l'a conduit à lancer son propre pôle, distinct de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qu'il considère comme une structure désormais obsolète.
Les contours du nouveau pôle politique
« Rassembler la social-écologie » se veut une plateforme large, ouverte aux écologistes, aux socialistes, aux radicaux de gauche, aux citoyens engagés et aux associations. Yannick Jadot a précisé que ce mouvement ne se réduit pas à un parti politique classique, mais vise à « construire un projet de société pour la France, fondé sur la justice sociale, la transition écologique et la défense des libertés publiques ». Il a appelé à une « refondation de la gauche républicaine ».
Le mouvement entend se structurer localement, avec des comités dans chaque département, et organisera des assises nationales avant la fin de l'année 2026. Yannick Jadot a indiqué que « plusieurs personnalités de la société civile, des syndicalistes, des universitaires et des élus locaux ont déjà manifesté leur intérêt », sans toutefois les nommer. Il a précisé que l'objectif est de présenter un candidat à la présidentielle de 2027, sans exclure son propre nom.
Réactions et impact politique
L'annonce de Yannick Jadot a provoqué des réactions contrastées à gauche. Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a rapidement réagi sur X (anciennement Twitter) en dénonçant « une énième division de la gauche, qui ne profite qu'à l'extrême droite ». Il a estimé que « Jadot choisit la rupture au lieu de l'unité, ce qui est une faute politique majeure ».
Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure, premier secrétaire, a salué « une initiative qui peut permettre de clarifier le paysage politique à gauche ». Il a toutefois rappelé que « le PS reste attaché à l'unité des socialistes et des écologistes, mais dans le respect des identités de chacun ». La secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), Marine Tondelier, a quant à elle exprimé sa « prudence » : « Nous prenons acte de cette démarche personnelle de Yannick Jadot, mais EELV reste un parti indépendant et nous continuerons à travailler avec toutes les forces de gauche, y compris LFI, si les conditions sont réunies. »
Selon un sondage Ifop réalisé en juillet 2026, 62 % des sympathisants de gauche se disent favorables à une candidature unique à la présidentielle, mais seulement 34 % estiment que LFI est capable de la porter. Ce chiffre illustre le fossé grandissant entre les différentes composantes de la gauche, que Yannick Jadot espère combler avec son nouveau pôle.
Le calendrier politique s'annonce serré : les prochaines échéances électorales, notamment les législatives de 2027, pourraient servir de test pour la capacité de « Rassembler la social-écologie » à s'imposer comme une force centrale. Yannick Jadot a promis de dévoiler dans les prochaines semaines une feuille de route détaillée, incluant des propositions concrètes sur le climat, la fiscalité et les services publics.



