Présidentielle 2027 : les cadres Insoumis enthousiastes derrière Mélenchon
Présidentielle 2027 : Insoumis enthousiastes pour Mélenchon

« Quand tu as Zidane dans ton équipe, tu ne le laisses pas sur le banc. » Au lendemain de l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2027, les cadres Insoumis de la région font bloc derrière leur leader.

Un enthousiasme unanime chez les cadres régionaux

« Je suis très enthousiaste. Simplement parce que c’est la meilleure chance de voir nos idées s’imposer à l’Élysée. C’est aussi la meilleure personnalité, dans notre camp politique et bien au-delà, pour faire rempart au mauvais air du temps, fascisant, qui roule sur la France et le monde », analyse l’élu d’opposition montpelliérain et fervent militant de terrain, Rhany Slimane.

Sa colistière lors des municipales, Nathalie Oziol, a pris part dimanche au processus de désignation du futur candidat du mouvement en sa qualité de députée de l’Hérault et elle confirme : « Il a été plébiscité, quand tous les autres camps politiques se déchirent avec une multitude de candidats potentiels. Cela envoie un signal rassurant, dans ce chaos politique, économique et social que traverse la France. »

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Un paradoxe apparent

Un paradoxe, quand on présente l’Insoumis comme clivant ? « Macron est clivant et il a été élu deux fois, Le Pen l’est aussi et elle s’est qualifiée à deux reprises au second tour », rétorque la députée.

Rhany Slimane insiste d’ailleurs aussi sur le côté « rassurant » de cette candidature, « surtout avec cette présidentielle-là qui s’annonce ». « En termes de notoriété, de bagage politique, d’exercice du pouvoir, de vision politique ou encore de charisme, on le connaît, on sait à quoi s’attendre. Oui, il a des défauts, lui-même le sait, mais on a vu, depuis 2017, ce qu’a donné la nouveauté Macron. Avec Jean-Luc Mélenchon, on sait où on va : un programme raisonné et raisonnable, de rupture certes, mais avec ce qui se passe en ce moment. Un programme qui s’inspire d’ailleurs très largement de ce qui a pu être pensé à l’époque où le Parti socialiste était de gauche. » Les intéressés apprécieront.

La question de la dernière candidature

Et tant pis si Jean-Luc Mélenchon, lui-même, avait laissé entendre, en 2022, que sa 3e candidature d’alors était la dernière. Pour le Lodévois Sébastien Rome, ancien député battu en 2024 par la RN Manon Bouquin, il n’y avait pas d’autres choix. « Oui, il aurait été possible de présenter une candidature différente, mais comme Attal par exemple, cela aurait été pour préparer 2032. Or, les enjeux du moment ne nous permettent pas de faire l’impasse sur 2027 et seul Jean-Luc Mélenchon est le mieux placé, à gauche, pour englober l’ensemble des problèmes, qu’ils soient français ou internationaux », dit-il.

Les critiques d’Alexis Corbière

Ce n’est pas l’avis du Biterrois Alexis Corbière, jadis le plus fidèle lieutenant du désormais candidat, aujourd’hui très critique. « Le rejet de la personne de Mélenchon risque d’être un accélérateur de la victoire du RN. La situation était bien différente en 2017 et 2022, où il a bénéficié d’un vote utile. Mais cette fois-ci, c’est une autre histoire. Le mandat que les gens vont donner, ce sera à quelqu’un qui peut battre le RN au second tour. Et là-dessus, Jean-Luc Mélenchon n’est pas celui qui optimise cet impératif. Il le complique », a déclaré le député de Seine-Saint-Denis au Parisien, qui voit dans cette déclaration, à un an du scrutin, une stratégie « pour bloquer toute possibilité de candidature de rassemblement ».

Son épouse Raquel Garrido, elle aussi bannie du mouvement Insoumis, s’inquiète même du « risque important » que la « gauche soit écartée pour la troisième fois du second tour ». « Cette candidature unilatérale de division met le pays en danger », ponctue-t-elle.

La réponse des soutiens

L’argument est balayé par Rhany Slimane. « Ce n’est pas la gauche qu’il faut rassembler, c’est le peuple. En 1981, Mitterrand gagne contre les communistes alors que, six ans plus tôt, la gauche réunie avait été battue. »

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La députée Nathalie Oziol rappelle par ailleurs que Jean-Luc Mélenchon a conditionné sa candidature « à l’obtention de 150 000 parrainages citoyens » sur la plateforme Mélenchon2027. Un chiffre qui était quasiment atteint, ce lundi soir, moins de 24 heures après l’intervention de l’ancien ministre socialiste au 20 heures de TF1.

Un chemin encore long selon les sondages

Un sondage réalisé par Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL et dévoilé ce lundi 4 mai montre toutefois que le chemin vers l’Élysée est encore long pour Jean-Luc Mélenchon. Avec 12 à 13 % d’intentions de vote, il est devant Raphaël Glucksmann (11 % – 12 %) et apparaît comme le premier à gauche, mais derrière Jordan Bardella (34 ou 35 %) ou Marine Le Pen (32-33 %), Édouard Philippe (19 %) ou Gabriel Attal (14 %) et même Bruno Retailleau (jusqu’à 13 % selon les scénarios).

Les Insoumis vont donc devoir partager plus largement leur enthousiasme. « C’est la quatrième campagne présidentielle, on est rodé », se rassure Nathalie Oziol.