Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), fait de nouveau parler de lui pour un geste simple. L’élu a décroché le portrait du président Emmanuel Macron dans sa mairie. Depuis avril, des journalistes avaient constaté ce geste symbolique, que le maire assume comme un signe de protestation contre la politique du président de la République.
Une tradition de contestation
Mais Bally Bagayoko n’est pas le premier à avoir décroché le portrait du président. En janvier, Didier Cadro, maire de La Turballe (Loire-Atlantique), avait retourné la photo d’Emmanuel Macron pour alerter sur l’état du pays. En 2022, c’était Nils Passaudet, le maire de Lavaurette, une petite commune rurale du Tarn-et-Garonne.
Le précédent de Lavaurette
« Fin 2021, on était en pleine hystérie autour du passe sanitaire. Je ne suis pas antivax mais on était assez nombreux chez nous à prôner la liberté vaccinale », raconte l’élu (classé Sans Étiquette). À la même période, Emmanuel Macron dit qu’il veut « emmerder » les Français qui refusent le vaccin contre le Covid-19. « J’ai donc soigneusement retiré son portrait et l’ai envoyé à la préfète avec une lettre qui expliquait ce que je pense, poursuit Nils Passaudet. Ce n’était pas contre la fonction mais contre la personne. » S’ensuit alors un « imbroglio juridique », qui débouchera sur un simple rappel à la loi.
Aucune loi n’oblige l’affichage du portrait présidentiel
Or, la loi, justement, ne dit rien à ce sujet. La Constitution définit bien le français comme « langue de la République », le drapeau tricolore comme « l’emblème national », la Marseillaise comme « l’hymne » et « Liberté, Égalité, Fraternité » comme « la devise de la République ». Le reste relève du folklore. En 2023, une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République visait à rendre l’affichage du portrait présidentiel obligatoire. Votée à l’Assemblée nationale, la loi n’a jamais été examinée par le Sénat, ni promulguée.
Un vide juridique assumé
En attendant, depuis quatre ans, le portrait d’Emmanuel Macron a-t-il été raccroché à Lavaurette ? « La préfète ne me l’a pas renvoyé ! s’amuse Nils Passaudet. Je suis quelqu’un de légaliste, si ce n’est pas obligatoire je ne vais pas aller m’en procurer un autre. À la place, j’ai mis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. » À voir si cela peut inspirer Bally Bagayoko.



