Les députés ont défendu mercredi des visions opposées du système destiné à remplacer Parcoursup en 2028, lors d'un débat sans vote à l'Assemblée nationale. La gauche a réclamé davantage de moyens pour l'enseignement supérieur, tandis que la droite a plaidé pour des critères d'admission plus exigeants.
La gauche réclame des places supplémentaires
À gauche, les propositions reposent sur l'ouverture de nouvelles places. La communiste Soumya Bourouaha en réclame 250.000, conformément aux revendications de l'intersyndicale de la jeunesse, contre 15.000 annoncées par le gouvernement. Le socialiste Pierrick Courbon demande au moins 150.000 places supplémentaires, dénonçant « un outil de gestion de la pénurie ».
L'écologiste Jean-Claude Raux souhaite garantir « un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier, avec une priorité dans son académie ». Les communistes défendent aussi un retour aux épreuves terminales du baccalauréat et un renforcement de l'orientation. La France insoumise réclame de son côté 10 milliards d'euros d'investissements supplémentaires dans l'éducation et l'enseignement supérieur.
La droite veut renforcer la sélection
À droite, plusieurs élus souhaitent au contraire renforcer la sélection universitaire. Virginie Duby-Muller (LR) propose de transformer les prérequis des formations en véritables conditions d'admission et de redonner du poids au baccalauréat. « Parcoursup n'est pas la maladie […] C'est le symptôme d'un pays qui sélectionne partout sans jamais oser le dire », a-t-elle résumé.
Philippe Fait (Horizons) défend ce principe : « La sélection, on peut toujours la supprimer à l'entrée. Elle vous reviendra […] un peu plus tard, mais plus brutale et plus injuste ». Au Rassemblement national, Roger Chudeau souhaite réduire le catalogue d'environ 25.000 formations et renforcer le contrôle des procédures d'admission par les autorités académiques.
Le gouvernement cherche un compromis
Le gouvernement cherche un compromis avant la refonte annoncée de Parcoursup. Une première « évolution forte » est prévue dès la rentrée 2027, notamment pour améliorer la transparence des algorithmes, avant un remplacement en 2028 nécessitant une loi. « Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux », a prévenu le Premier ministre Sébastien Lecornu.
La députée macroniste Violette Spillebout souhaite rendre publics les outils de classement des établissements, tout en leur laissant la responsabilité de sélectionner les candidats. Au MoDem, Frantz Gumbs estime que « Parcoursup ne crée pas le problème, il le révèle », appelant à améliorer l'accompagnement des lycéens et à mieux appliquer les heures d'orientation prévues dans les établissements.
Macron défend la réforme du dispositif
Emmanuel Macron a défendu mercredi une réforme du dispositif dans une interview accordée à HugoDécrypte sur YouTube. Selon le président, Parcoursup est « bien meilleur que ce qu'il y avait avant », notamment parce qu'il évite le tirage au sort et informe les lycéens sur les débouchés des formations. Mais la plateforme « crée de la défiance, donc on doit le refonder », a-t-il reconnu.
Il a toutefois mis en garde contre une réponse reposant uniquement sur l'augmentation des capacités d'accueil : « Ce qui ne va pas, c'est qu'on fait croire à tout le monde que si on a 100 % de place à l'université, l'avenir sera rose, c'est pas vrai ». Le débat illustre les tensions qui devront être tranchées par la future loi de refonte du dispositif.