Municipales 2020 : percée du RN, LR se renforcent, la gauche divisée persiste
Municipales : percée RN, LR renforcés, gauche divisée

Municipales 2020 : un scrutin analysé à l'aune de la présidentielle

Les résultats des élections municipales de ce dimanche sont immédiatement passés au crible de la perspective de l'élection présidentielle, prévue dans un an. Cette tendance a été soulignée par la quasi-totalité des responsables politiques nationaux dans leurs commentaires. Avec pas moins de 1 568 seconds tours organisés, 96 % des communes ont désormais choisi leur maire depuis le 15 mars dernier.

La gauche : des victoires éclatantes mais une guerre interne persistante

Ce scrutin n'a rien résolu dans le conflit qui oppose les différentes formations de gauche. Le Parti socialiste peut se prévaloir de succès notables, comme à Paris et Marseille, remportés sans l'appui de La France insoumise, ainsi qu'à Montpellier. Cependant, il essuie aussi des défaites à haute valeur symbolique, à l'image de Clermont-Ferrand, une ville de gauche depuis la Libération.

La position nationale du PS, qui prônait l'absence d'accord national, est apparue illisible, car le parti a toléré des alliances locales entre les deux tours, comme à Nantes où Johanna Rolland, numéro deux du parti, a été réélue. Globalement, ces alliances ont souvent eu un effet répulsif sur l'électorat.

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Après Saint-Denis la semaine précédente, La France insoumise remporte Roubaix et Le Tampon à La Réunion. Ces conquêtes sont significatives, mais le mouvement échoue à faire tomber Toulouse, où l'alliance LFI-PS n'a pas convaincu, permettant à Jean-Luc Moudenc (divers droite) de conserver son siège. Malgré cela, les Insoumis se repositionnent au centre du jeu à gauche en vue de la présidentielle.

Les Écologistes : une soirée en demi-teinte

Pour Les Écologistes, la soirée est contrastée. Ils parviennent à préserver Grenoble et Besançon, mais perdent Strasbourg, Poitiers et surtout Bordeaux. La parenthèse écologiste dans cette dernière ville se referme avec l'élection de Thomas Cazenave, une victoire isolée à mettre au crédit de Renaissance.

Le centre et la droite : Édouard Philippe en force, LR se renforcent

Dans le bloc central, Édouard Philippe émerge comme la figure marquante de la soirée. Il réalise un coup double en conditionnant son destin présidentiel à sa réélection, désormais acquise. Il se trouve ainsi en position de force face à des concurrents nombreux, dont François Bayrou, qui n'a pas pu se faire réélire.

Les Républicains, en refusant toute alliance avec le Rassemblement National, ressortent renforcés de ce scrutin. Ils maintiennent leur ancrage dans les villes petites et moyennes et enrichissent leur palmarès de symboles forts comme Brest, Clermont-Ferrand, Limoges et Tulle.

Le Rassemblement National : une percée historique malgré des échecs cinglants

Pour le RN, l'enjeu était de combler un angle mort en réussissant son implantation locale, tout en préparant la présidentielle. Le parti lepéniste n'a pas réussi à briser le plafond de verre dans les grandes villes, échouant à Marseille et Lyon. Néanmoins, il décroche plusieurs dizaines de villes moyennes et s'implante dans de nombreuses communes, poussant les portes de plusieurs intercommunalités.

Jordan Bardella a revendiqué ce dimanche « la plus grande percée de son histoire », soulignant ainsi la poursuite de l'ancrage local du mouvement. Cette progression, bien que limitée dans les métropoles, marque une étape significative dans la stratégie de territorialisation du parti.

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