Jean-Luc Moudenc mise sur l'ancrage local face à la gauche insoumise à Toulouse
Moudenc face à la gauche insoumise à Toulouse : stratégie locale

Jean-Luc Moudenc privilégie l'ancrage local dans la bataille municipale toulousaine

Comme à son habitude, Jean-Luc Moudenc poursuit sa campagne en se tenant à distance des turbulences politiciennes nationales. Alors que ses adversaires tentent de nationaliser le scrutin, le centriste sans étiquette, qui a quitté Les Républicains en 2022, reste fermement ancré dans les réalités locales. « On nous parle beaucoup du paradoxe toulousain, moi je m'en tiens à la vérité d'une élection, à savoir qu'elle est municipale », affirme-t-il.

Une stratégie payante au premier tour

Pour le premier tour, le maire sortant avait mis en garde les électeurs tentés par un vote pour le Rassemblement national. Cette approche a porté ses fruits, puisque la liste d'extrême droite a été cantonnée à seulement 5 % des voix. Ce résultat conforte la position de Moudenc, qui se présente comme un rempart contre les extrêmes.

Le défi du second tour face à La France insoumise

Pour le second tour, c'est à l'autre extrême que Jean-Luc Moudenc doit faire face, avec La France insoumise. La liste menée par François Piquemal est arrivée en seconde position, devançant l'union de la gauche conduite par le socialiste François Briançon. Cette percée de l'insoumission a bouleversé le paysage politique local.

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Jean-Luc Moudenc commente cette situation : « La fusion derrière Piquemal sidère beaucoup de monde ici. Il n'y a que 9 à 10 socialistes sur la liste commune qui comporte 71 places. Le PS est mis en minorité, il a dû capituler en rase campagne. C'est une humiliation publique. Le PRG a quitté le navire, Place publique aussi, de nombreux élus et personnalités de gauche refusent de soutenir. C'est une véritable secousse. » Cette division au sein de la gauche redonne de l'espoir au maire sortant.

La tradition humaniste toulousaine comme atout

Sur le terrain, Jean-Luc Moudenc affirme rencontrer de nombreux électeurs, y compris de gauche, qui rejettent ce qu'il appelle la « mélenchonisation » du Capitole. « Je suis donc encouragé. Après, je suis aussi réaliste : l'addition des deux listes fusionnées crée une possibilité de victoire pour mon adversaire. Il faut donc se mobiliser », explique-t-il.

Les deux listes de gauche ont effectivement récolté respectivement 27 % et 25 % des suffrages au premier tour. Cependant, avec son score de 37 %, Moudenc se place en tête parmi les maires sortants des villes de plus de 100 000 habitants qui se représentent. Son profil centriste, issu de la démocratie chrétienne, pourrait séduire un électorat social-démocrate, contrastant avec les positionnements radicaux de La France insoumise.

Il souligne : « Les encouragements que je reçois sur le terrain me permettent d'espérer le succès que je propose, à savoir un vaste rassemblement universel autour des valeurs de la France, de la République, de la démocratie et de la tradition humaniste toulousaine qui s'incarne dans l'ouverture vers un débat respectueux, la conjugaison des différences, le refus de l'autoritarisme. »

Un projet ancré dans les réalités locales

Jean-Luc Moudenc critique également le projet de son adversaire, qui s'oppose à la troisième ligne de métro et au développement des caméras de vidéosurveillance, tout en prônant une gratuité généralisée malgré les contraintes financières des communes. « Sans compter que le projet de mon adversaire me conforte dans l'idée que ses promesses, s'il est élu, ne seront pas tenues », ajoute-t-il.

En 2014 comme en 2020, Moudenc avait été donné perdant face à la gauche, mais il avait à chaque fois remporté la victoire. Pour cette élection, à la tête d'une liste qui fédère toutes les composantes de la droite et du centre – renouvelée à plus de 40 % –, il mise sur une candidature qui incarne « la continuité et la stabilité mais sans verser dans l'autosatisfaction, pour aller plus loin dans tous les domaines ».

Enfin, son ancrage local constitue un atout majeur : Jean-Luc Moudenc est né et a vécu toute sa vie à Toulouse, tandis que son adversaire François Piquemal est originaire de Besançon, avec des racines familiales en Ariège et en Bretagne. Cette différence d'enracinement pourrait jouer un rôle clé dans l'issue du scrutin.

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