Menton : la majorité RN vote le tableau des emplois qu'elle critiquait
Menton : le RN vote le tableau des emplois contesté

Le 30 juin 2026, le conseil municipal de Menton a adopté un tableau des emplois fixant à 156 le nombre de postes ouverts dans la collectivité, une décision vivement critiquée par l'opposition. Celle-ci rappelle que six mois auparavant, en pleine campagne électorale, la majorité RN, alors dans l'opposition, s'était farouchement opposée à une délibération similaire portant sur 151 postes.

Un revirement qui fait réagir

Florent Champion, conseiller municipal du groupe Menton en action, a exprimé son ironie lors de la séance : « Je trouve ça assez savoureux que vous nous représentiez cette délibération quand on se souvient du cinéma que vous aviez fait au mois de décembre en vous roulant par terre… » Il a rappelé que la précédente majorité avait tenté d'expliquer qu'il s'agissait d'une simple régularisation, mais que les élus RN de l'époque, dont la maire actuelle Alexandra Masson, avaient dénoncé un « sabordage du paquebot ville de Menton » et une « crame des ressources humaines ».

Le rapporteur Nicolas Littardi a justifié la création du tableau des emplois par la nécessité de faire évoluer l'outil de gestion des ressources humaines, avec un document « plus lisible, plus opérationnel et davantage en adéquation avec l'organisation réelle des services ». Contrairement au tableau des effectifs, centré sur les agents présents, il permet de raisonner à partir des besoins permanents de la collectivité et des postes nécessaires à l'exercice des missions de service public.

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Des postes régularisés ou créés ?

Parmi les postes soumis aux contractuels figurent un opérateur de vidéosurveillance, cinq ASVP, un surveillant de port, un secrétaire au protocole, un adjoint au directeur des bâtiments communaux, un responsable de bibliothèque, des balayeurs, des jardiniers, un serrurier, des enseignants au conservatoire, des gestionnaires de paie, un archiviste, des Atsem et un maître nageur. Florent Champion a noté que le nombre de postes est passé de 151 en décembre à 156 en juin, ce qu'il attribue à une prise de conscience de la majorité : « Vous vous êtes rendu compte qu'il ne s'agissait pas de recrutements par plaisir mais juste d'une régularisation qu'il convenait de faire vis-à-vis des recommandations des services de l'État. » Il a regretté que des agents en situation précaire auraient pu être régularisés plus tôt.

La maire Alexandra Masson a répondu que la première délibération avait été annulée par le tribunal administratif non pas pour une erreur matérielle, mais parce qu'elle n'était pas budgétisée. « On a bien fait d'alerter car c'était irrégulier », a-t-elle déclaré, tout en concédant : « Peut-être qu'on a été un peu trop loin parce que c'était le flou artistique et qu'on n'avait pas le même niveau d'informations que vous. Mais on a une décision de justice, et le préfet nous a suivis. »

Des accusations de copinage

Isabelle Fayat, du groupe Nouvel élan pour Menton, s'est étonnée que certains postes apparaissent comme non pourvus alors qu'ils semblent déjà occupés. « Ce sont de véritables besoins nouveaux ou une régularisation de recrutements déjà engagés ? » Son colistier Cédric Monteiro a cité le chauffeur du cabinet, le chargé de mission auprès du DGS, le photographe/vidéaste : « Ils sont tous déjà là. On s'est plaint pendant cinq ans de copinage, de clientélisme et de présentation de recrutements a posteriori. Mais aujourd'hui, on reproduit le même schéma… »

Le directeur général des services a expliqué que la Ville passe d'un tableau des effectifs à un tableau des emplois, le premier concernant les effectifs présents à un instant T, le second dénombrant les besoins permanents par cadres d'emploi. « Il peut y avoir des changements entre les appellations de l'ancien système et l'actuel. À l'exemple du chauffeur qui devient un emploi au niveau du cabinet », a-t-il indiqué, ajoutant que cinq postes ont été créés au cabinet, dont deux nouveaux. Alexandra Masson a défendu la transparence des recrutements : « On monte des jurys, on reçoit plusieurs candidats et à l'issue on fait un choix. Tout est très transparent. »

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