Les promesses du nouveau maire Rassemblement national (RN) de La Flèche ont fait long feu. Un mois à peine après son élection en mars à la tête de la sous-préfecture de la Sarthe, Romain Lemoigne, 25 ans, qui avait juré ne pas vouloir s’attaquer à la culture, amputait l’enveloppe du centre associatif Le Carroi, principal acteur culturel de cette ville de 15 000 habitants, de quelque 50 000 euros, soit environ un quart de son budget de fonctionnement.
Stupeur et urgence au Carroi
Stupeur et urgence : prise à la gorge, à quelques semaines du dépôt de ses comptes annuels, la structure, installée là depuis 1970 et qui compte près de 1 200 adhérents, avait été contrainte d’annuler en catastrophe plusieurs concerts gratuits pour tenir le budget. Début juillet, le festival d’arts de rue n’a été maintenu que grâce à la baisse de cachet consentie par une partie des artistes et compagnies déjà programmés. Le directeur du Carroi, Richard Le Normand, s’était aussi vu refuser tous ses ordres de mission par l’Hôtel de Ville : « Concrètement, cela signifie que je ne peux plus aller prospecter et rechercher de nouveaux spectacles pour la ville. »
Résiliation de la convention
Jusqu’où allait conduire cette reprise en main des affaires culturelles par la mairie RN ? La réponse est tombée ce jeudi 23 juillet : Romain Lemoigne vient d’annoncer la résiliation de la convention décennale qui liait la ville au Carroi jusqu’en 2032, avec effet à l’issue de la saison 2026-2027.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large. À Agde, Montargis, Vauvert et dans d’autres communes récemment conquises par le RN, les nouvelles mairies baissent les subventions, annulent les programmations ou révisent les orientations culturelles. Selon plusieurs observateurs, cette stratégie vise à réduire l’influence des acteurs culturels jugés « hors sol » ou « gauchistes », dans la plus pure tradition de l’extrême droite.
Interrogé sur ces coupes, Romain Lemoigne a justifié sa décision par la nécessité de « recentrer les dépenses sur les priorités des Fléchois », sans donner plus de détails. Les associations culturelles locales, elles, dénoncent une « asphyxie programmée » et appellent à une mobilisation citoyenne pour sauver la saison prochaine.



